Amancio Ortega, le Warren Buffett espagnol
Amancio Ortega, considéré comme l’homme le plus riche d’Espagne, s’est illustré non seulement par la fondation des géants financiers Inditex et Pontegadea, mais aussi en devenant le principal actionnaire privé de la bourse espagnole. Sa position se distingue par une avance significative sur son concurrent le plus proche. En fait, ses investissements dans l’indice Ibex 35 surpassent de loin la participation de l’État espagnol dans ce même indice.
Une domination sans partage
Des données récentes de EuropaPress, issues de la Commission Nationale du Marché des Valeurs (CNMV), mettent en évidence le leadership incontesté d’Ortega, suivi par l’immense société américaine BlackRock, avec l’État espagnol occupant la troisième place. Ensemble, ces trois entités détiennent des participations dépassant les 176 milliards d’euros dans diverses sociétés cotées au sein de l’Ibex 35.
La stratégie d’investissement d’Ortega
Une sélection minutieuse
La force d’Amancio Ortega réside dans la concentration de ses investissements. Son portefeuille se compose essentiellement de trois entreprises, principalement dominé par Inditex. Par le biais de ses sociétés Pontegadea Inversiones et Partler Participaciones, il détient 59,294 % du capital d’Inditex, qui englobe des marques emblématiques telles que Zara, Massimo Dutti et Pull&Bear. Cette seule participation représente déjà la quasi-totalité des 97,733 millions d’euros que totalisent ses investissements dans l’Ibex 35.
Investissements énergétiques
Les deux autres composantes de son portefeuille incluent des participations de 5 % respectivement dans Redeia, propriétaire de Red Eléctrica de España, et Enagás, gestionnaire du système gazier national. Bien que ces investissements soient de moindre envergure par rapport à Inditex, ils s’inscrivent dans la logique d’Ortega d’investir dans des actifs garantissant des revenus stables et réguliers.
BlackRock : le titan américain
Le deuxième investisseur en termes de volume dans l’Ibex 35 est BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde. Selon El Economista, BlackRock est impliqué dans un total de 20 entreprises du sélectionné, avec des parts supérieures à 1 % dans chacune d’elles, totalisant 41,308 millions d’euros, soit 3,7 % de la capitalisation boursière de l’Ibex.
Focus sur la banque espagnole
BlackRock joue un rôle majeur dans le secteur bancaire espagnol, avec des participations significatives dans Banco Sabadell, BBVA, Banco Santander, Bankinter et CaixaBank. À lui seul, son investissement dans Santander est estimé à plus de 10,277 millions d’euros. Comme Ortega, BlackRock mise sur la diversification, investissant également dans des entreprises du secteur énergétique comme Iberdrola et Enagás.
L’État espagnol : un acteur clé
La présence de l’État dans l’Ibex 35 est assurée à travers différents instruments tels que la Société d’État de Participations industrielles (SEPI) et le Fonds de restructuration ordonnée bancaire (FROB). Les investissements de l’État dans le sélectif s’élèvent à environ 37,147 millions d’euros.
Les participations de l’État
Parmi les investissements les plus notables, la SEPI détient 10 % de Telefónica, 20 % de Redeia, et 5 % d’Enagás. Le FROB possède 16,177 % de CaixaBank, tandis qu’Enaire détient 51 % d’Aena, une participation qui s’est révélée particulièrement précieuse compte tenu de la performance boursière d’Aena ces dernières années.
Avec ses gains colossaux générés par Inditex, Amancio Ortega ne se contenta pas d’être un magnat de la mode, mais devient également un acteur incontournable sur le marché immobilier mondial.

