Selon le CETCAM, le sous-emploi et l’informalité constituent le véritable panorama du marché du travail nicaraguayen.

Les paradoxes du marché de l’emploi au Nicaragua

La situation de l’emploi au Nicaragua présente un tableau déconcertant. Alors que les autorités proclament un taux de plein emploi, cette affirmation est contredite par la réalité vécue par la population. Le rapport du Centre d’Études Transdisciplinaires d’Amérique Centrale (CETCAM), intitulé “Économie du Mal-être”, révèle que malgré les statistiques qui indiquent que neuf personnes sur dix sont employées, cette vision optimiste est loin de refléter l’expérience quotidienne des chômeurs et des travailleurs précaires.

Comparaison avec d’autres pays d’Amérique Centrale

En regardant les taux de chômage de Panama et Costa Rica, deux économies plus dynamiques de la région, la situation du Nicaragua apparaît encore plus préoccupante. Par exemple, Panama a enregistré un taux de chômage de 7,4 % en août 2023 et de 10,4 % en septembre 2025. Cela contraste fortement avec le tableau que colore le Nicaragua, le plus petit pays de la région.

La réalité du sous-emploi et de l’informalité

Le CETCAM souligne que le sous-emploi et l’informalité représentent la véritable structure du marché du travail au Nicaragua. Une grande partie de la population active se retrouve dans le secteur informel, où quatre travailleurs sur dix sont classés comme sous-employés. Beaucoup de ces travailleurs sont surqualifiés ou travaillent moins d’heures que souhaitées, ce qui accentue le phénomène du chômage déguisé.

Un aspect inquiétant est que le sous-emploi représente plus de la moitié de la participation au marché du travail et montre à peine une légère diminution au cours des dernières années. L’absence de sécurité sociale et d’avantages du travail renforce le cycle de l’informalité, entravant ainsi l’accumulation d’épargne.

Les jeunes, les femmes et les travailleurs ruraux en première ligne

Le rapport de CETCAM met également en lumière que le chômage déguisé ne figure pas dans les statistiques officielles, mais touche particulièrement les jeunes, les femmes et les travailleurs ruraux. Cette situation entraîne un fossé entre les données officielles et la réalité vécue.

Manque de transparence et de méthodologie

La méfiance à l’égard des données du Banco Central de Nicaragua découle de la faiblesse institutionnelle et de l’absence de critères techniques clairs pour le calcul des indicateurs de l’emploi. L’absence de transparence dans la méthodologie utilisée par les autorités rend difficile la vérification de l’exactitude des chiffres avancés.

Défis économiques à long terme

En 2024, le Nicaragua comptabilisait seulement 802,814 emplois formels, bien en deçà du maximum de 2017, avant la crise sociopolitiques de 2018. Bien que 11,926 nouveaux emplois aient été créés entre 2023 et 2024, cela reste insuffisant par rapport aux chiffres des années passées, où plus de 63,000 emplois formels étaient générés en un an.

Conclusion : Un avenir incertain pour le marché de l’emploi

En somme, le Nicaragua est qualifié d’économie du mal-être, aggravée par un contexte autocratique. Malgré quelques indicateurs macroéconomiques favorables, le développement humain n’a pas progressé depuis 2018. La persistance de l’informalité, du sous-emploi et de l’émigration souligne le décalage entre le discours officiel et les réalités quotidiennes des nicaraguayens, questionnant ainsi la crédibilité des données gouvernementales.



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