L’économiste Ignacio Bongiovanni de la Fundación Libertad a écarté l’objectif d’inflation zéro promis par Javier Milei pour août en Argentine.

L’analyse de l’inflation en Argentine

En mars, l’inflation en Argentine a atteint 3,4 %, avec des hausses marquées dans des secteurs tels que l’éducation, le transport et la viande. Ce chiffre a généré des répercussions considérables tant sur le plan politique qu’économique. Dans une interview accordée à Infobae en Vivo Al Amanecer, Ignacio Bongiovanni, économiste à la Fundación Libertad, a commenté cet indice d’inflation et ses principaux composants.

Les causes de l’inflation actuelle

Bongiovanni a expliqué que le chiffre de 3,4 % est influencé par des facteurs saisonniers, notamment une hausse de plus de 12 % dans le secteur de l’éducation. Le transport a également augmenté de plus de 4 %. De plus, depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les carburants ont grimpé de plus de 23 % en Argentine, provoquant ainsi une augmentation de l’indice des prix.

L’impact de la réglementation tarifaire

L’économiste a souligné l’effet de la déréglementation tarifaire, qui révèle des valeurs réelles supérieures à celles fixées artificiellement par le gouvernement précédent. Il a noté que la différence entre les prix subventionnés et réels était compensée par une émission monétaire, ce qui a alimenté l’accélération de l’inflation. Bongiovanni a ajouté : “Cela nous a conduits à une inflation annuelle de 300 % en 2023, avec les derniers mois enregistrant des taux mensuels de 20 à 25 %”.

Projections d’inflation pour les mois à venir

Concernant l’avenir immédiat, Bongiovanni prévoit une décélération de l’inflation, déclarant : “Je pense que nous allons être en dessous de 3,4 % en avril, si la tendance se maintient”. Il a également mis en évidence le défi de maintenir cette baisse, étant donné que le gouvernement précédent avait transmis un héritage d’inflation mensuelle dépassant les 20 %.

Les défis du marché du travail

Il a ensuite évoqué les défis liés aux salaires réels face à l’inflation actuelle. Si les salaires ne suivent pas l’inflation, “le salaire réel est en train de diminuer”. L’augmentation des salaires dépend, selon lui, de la productivité, laquelle nécessite une stabilité des règles et un climat favorisant l’investissement.

Un changement de politique économique

Bongiovanni a observé une transformation dans l’approche de la politique économique actuelle, qui supplante l’ancien modèle basé sur les dépenses publiques. Il a déclaré que “le gouvernement actuel pousse vers une économie davantage axée sur l’offre et l’investissement étranger”, malgré les défis posés par la contraction des secteurs du commerce, de l’industrie et de la construction.

L’importance du dollar et des politiques fiscales

Sur la possibilité d’atteindre une inflation zéro cette année, l’économiste reste sceptique. “Si le gouvernement continue à réduire le secteur public et élimine le déficit fiscal, nous pouvons parler d’inflation proche de zéro l’année prochaine, pas cette année”, a-t-il affirmé. Pour lui, “l’inflation est un phénomène monétaire d’origine fiscale”, soutenue par des émissions pour financer le surcoût public.

Le rôle central du dollar

Enfin, le rôle du dollar demeure crucial dans la perception sociale et la stabilité macroéconomique de l’Argentine. Selon Bongiovanni, “le dollar représente la gouvernabilité en Argentine”, étant donné que les troubles sur le marché des changes peuvent entraîner une hausse des prix.

Conclusion

Les données de mars, l’incertitude liée aux promesses de réduction de l’inflation et l’analyse des secteurs privés dessinent un tableau complexe en Argentine, avec des défis importants liés à la recherche d’une plus grande compétitivité et à la récupération du pouvoir d’achat.



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