Les chiffres de la pauvreté en Argentine : un débat houleux entre économistes

La récente publication des statistiques officielles sur les conditions de vie en Argentine a suscité un intense débat parmi les économistes. Selon les rapports de l’Institut national de la statistique et des recensements (INDEC), la pauvreté aurait diminué, atteignant 28,2 % de la population à la fin de 2025. Cependant, les méthodes utilisées pour recueillir ces données et la portée de cette amélioration sont controversées.

Une baisse significative mais controversée

Bien que les chiffres indiquent une réduction de 9,9 points de pourcentage par rapport à 2024, des experts suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un “mirage statistique”. Certains dénoncent des anomalies dans la collecte des données, tandis que d’autres voient dans cette amélioration des facteurs structurels comme la réduction de l’inflation.

Selon les dernières données, 13,5 millions de personnes vivent encore dans la pauvreté, tandis que l’indigence concerne 6,6 % de la population, soit environ 5,5 millions de personnes qui ont vu leur situation s’améliorer.

Le débat sur la méthode de mesure

Les économistes débattent principalement de la précision des outils de mesure, notamment l’Enquête Permanente de Ménages (EPH). Certains spécialistes affirment que les revenus déclarés par les citoyens semblent “gonflés”, ce qui remet en question la fiabilité des données.

La consultante Equilibra souligne que les variations importantes dans la manière dont les revenus sont captés pourraient avoir exagéré la récente baisse de la pauvreté. Par exemple, l’EPH signale une augmentation des salaires de 43 %, tandis que d’autres sources officielles, comme le Système Intégré de Prévoyance Argentine (SIPA), indiquent des augmentations plus modestes de l’ordre de 32 %.

Impact psychologique et économique

D’autres économistes, comme Gonzalo Carrera, évoquent une hypothèse psychologique liée à la “mémoire nominale”. En période d’inflation élevée, les ménages peuvent ne plus avoir une image claire de leurs revenus. Depuis fin 2024, une plus grande stabilité économique semble avoir influencé les déclarations de revenus.

Critiques des méthodes et pistes d’amélioration

Le débat ne se limite pas à la précision des données ; il soulève également des questions sur la structure de la Canasta Básica Total (CBT), qui pourrait ne pas refléter les habitudes de consommation réelles des ménages pauvres. Cela pourrait fausser la représentativité des statistiques.

Osvaldo Giordano, président de l’Ieral, admet que bien qu’il existe des défis méthodologiques, cela ne remet pas en cause la tendance générale ni l’intégrité des statistiques de l’INDEC. Selon lui, il est crucial d’améliorer la qualité des données par la publication régulière de la conciliation entre l’EPH et les enregistrements administratifs.

Conclusion : un débat révélateur

En somme, le débat sur la pauvreté en Argentine révèle des tensions entre les méthodes statistiques et la réalité vécue par les citoyens. La discussion s’articulera probablement autour de la mise en œuvre d’améliorations méthodologiques pour garantir que les chiffres reflètent avec précision la situation économique des Argentins.



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