Vuelos annulés à cause de la pandémie : l’affaire qui a sanctionné une compagnie aérienne

Contexte de l’affaire

Une étudiante argentine, alors âgée de moins de 18 ans et participant à un programme d’échange au Canada, a remporté son procès contre une compagnie aérienne internationale pour l’annulation de son vol de retour, liée à la pandémie de Covid-19. La décision de justice, rendue par un tribunal fédéral, a ordonné à la compagnie de payer 106 271,78 pesos argentins, plus intérêts et frais, après avoir constaté que la jeune femme avait été contrainte d’acheter de nouveaux billets en raison de l’absence d’alternatives raisonnables fournies par la compagnie aérienne.

Détails du voyage initial

L’étudiante avait voyagé à Vancouver pour un échange qui devait durer du 1er février au 30 juin 2020. Le contrat de transport, acheté par l’intermédiaire d’une agence de voyages, englobait des vols depuis Córdoba jusqu’à Vancouver, avec un retour prévu pour le 30 juin. Toutefois, suite à la suspension des vols internationaux par le gouvernement argentin en mars 2020, l’étudiante ne pouvait pas utiliser son billet de retour comme prévu, d’autant plus que sa visa étudiante expirait à la fin du programme, ce qui compliquait davantage sa situation.

La position de la justice

La juge a souligné que les restrictions sanitaires avaient rendu impossible le respect du contrat de transport. La compagnie aérienne, selon les documents judiciaires, n’a proposé que des reprogrammations pour des dates ultérieures, ne tenant pas compte de l’urgence de la situation et de la minorité de la passagère.

Indemnisations et frais encourus

Dans sa demande, l’étudiante réclamait le remboursement des frais encourus pour son retour via d’autres moyens, ce qui a nécessité l’achat de billets auprès d’autres compagnies pour un total de 111 501 pesos, avec une demande additionnelle de 32 000 pesos pour préjudice moral. Le retour a finalement eu lieu le 19 juin 2020, avec un vol alternatif, car elle ne pouvait pas attendre jusqu’à la reprogrammation proposée pour septembre.

Analyse juridique

La magistrate a rappelé les droits des usagers tels que stipulés par le Code Aéronautique et la loi 27.563, qui régule les droits des passagers face à des annulations et reprogrammations sanitaires. Cette loi stipule que les compagnies peuvent proposer des alternatives, mais que, dans ce cas, il n’y avait pas de solutions adéquates offertes par la compagnie aérienne.

Notion de force majeure

Cette affaire a été qualifiée de force majeure, exemptant la compagnie de certaines responsabilités, mais obligeant la restitution des montants perçus pour des services non fournis. La juge a référencé le Code Civil et Commercial argentin, indiquant que les passagers ont droit au remboursement immédiat pour les services non utilisés.

Conclusion

Le jugement a conclu que la résiliation du contrat et le manque de solutions efficacement mises en place par la compagnie aérienne ont justifié l’indemnisation pour l’étudiante. Cette décision illustre l’importance du droit à la restitution des sommes versées lorsque la prestation devient impossible pour des raisons indépendantes de la volonté des parties, évitant ainsi des enrichissements injustifiés au détriment des usagers.

La décision finale stipule que la compagnie peut faire appel, mais elle souligne la nécessité d’adapter l’application des contrats de transport aux circonstances exceptionnelles générées par la pandémie. Cela montre à quel point il est crucial pour les compagnies aériennes de se conformer aux réglementations et de gérer efficacement les situations d’urgence pour préserver la confiance des consommateurs.



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