Intensification des Protestations : Les Familles de Prisonniers Politiques de El Rodeo I

Les familles des prisonniers politiques détenus à la prison El Rodeo I, située à proximité de Caracas, ont annoncé une intensification de leurs actions et manifestations pour exiger des améliorations dans les conditions de détention. Cette décision survient après que plusieurs détenus ont été blessés par la répression lors d’une récente protestation.

Un Appel àl’Action

Lors d’une veillée organisée devant le pénitencier, Andreína Baduel, une activiste, a déclaré : « Cela nous oblige à redoubler d’efforts, car il est évident qu’ils veulent continuer à anéantir la vie de nos proches. Nous annoncerons bientôt une nouvelle agenda ». Des dizaines de proches se sont rassemblés à l’entrée de la prison, où ils installent des veillées permanentes depuis plus de 90 jours, exigeant la libération des détenus.

Une Nuit de Protestation Violente

La protestation a débuté mercredi après-midi, lorsqu’un groupe de prisonniers politiques étrangers a refusé de regagner leurs cellules après avoir été autorisé à prendre le soleil. Selon Baduel, la réaction des gardiens a été brutale : « Ils ont répondu par des coups, des menaces d’armes à feu, et ont utilisé du gaz lacrymogène, ce qui a conduit à des blessés nécessitant des soins médicaux ».

Les Conditions de Vie Alarmantes

La situation à l’intérieur de El Rodeo I est alarmante. Hiowanka Ávila, la sœur d’un prisonnier, a témoigné des mauvais traitements subis par les détenus et des conditions extrêmement précaires. « Ils passent 23 heures par jour enfermé avec des latrines dégoutantes », a-t-elle déclaré, ajoutant que plusieurs détenus souffrent de maladies dermatologiques, d’otites, et de maladies pulmonaires.

L’Isolement des Prisonniers

Les prisonniers étrangers à El Rodeo I sont également confrontés à de graves restrictions, n’ayant pas le droit de communiquer avec leurs familles ou leurs ambassades, ce qui est parfois également le cas pour les prisonniers vénézuéliens. Les familles s’affirment déterminées à poursuivre leur lutte jusqu’à ce que leurs proches soient libérés.

Réponse Officielle du Ministère Public

De son côté, le Ministère Public du Venezuela a assuré avoir vérifié le respect des « procédures et protocoles de rigueur » à la prison El Rodeo I. Dans une déclaration sur Instagram, il a indiqué avoir constaté que ces procédures étaient conformes aux normes sur l’usage progressif et différencé de la force ainsi que du respect des droits humains.

Inspections et Surveillance

Un équipe de la Direction Générale de Protection des Droits de l’Homme a effectué une visite de supervision à El Rodeo I. Cette inspection a permis d’examiner les enregistrements de sécurité concernant la journée de la protestation et de mener des entretiens individuels avec certains détenus.

Constatations Révélatrices

El Rodeo I a été proclamée comme un « lieu de torture psychologique » par Nahuel Gallo, un gendarme argentin libéré en mars. Un autre détenu, Julien Février, un ressortissant français, a également partagé son expérience après avoir été détenu pendant 15 mois.

Les familles des prisonniers continuent de lutter pour une cause qu’elles jugent juste, espérant que les voix de la communauté internationale les aideront à obtenir justice et le respect des droits humains dans les prisons vénézuéliennes.



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