Une nuit fatidique pour l’industrie des amandes à Grenade

La nuit du 30 mars 2026 fut marquée par une perte monumentale pour l’industrie amandière de Grenade, avec une estimation de 30 millions d’euros disparus. Selon des données fournies par la COAG, la région, qui est le principal producteur d’amandes en Espagne, a perdu environ 10 000 tonnes de ce fruit en raison d’une gelée tardive.

Un épicentre en péril

Avec 70 000 hectares dédiés à la culture des amandes, l’Altiplano granadino est devenu le cœur de la production amandière en Espagne. Ce phénomène est paradoxal : alors que les superficies cultivées continuent de croître, la vulnérabilité de cette culture ne cesse d’augmenter, la plaçant dans une situation de fragilité inédite.

La vulnérabilité des amandiers

La situation climatologique ne se limite pas seulement à l’épisode gelé du 30 mars. Les températures sont tombées en dessous des -5°C dans plusieurs localités, mais les gelées ne sont qu’une partie des menaces pesant sur la culture des amandes. En réalité, ces dernières années, la région a connu trois gelées de ce type, tout en continuant à étendre les surfaces cultivées.

Les défis ne se limitent pas aux conditions climatiques. D’autres facteurs, comme l’expansion de la puceron de l’amandier, des assurances agricoles jugées insuffisantes, et une asymétrie tarifaire avec des concurrents tels que la Californie, exacerbent la situation. De plus, les prix internationaux exercent une pression énorme sur les agriculteurs, rendant leur survie économique de plus en plus difficile.

Un bilan alarmant pour la récolte

La COAG prévoit des pertes comprises entre 8 000 et 12 000 tonnes, ce qui pourrait signifier un impact économique variant de 25 à 40 millions d’euros, sans oublier que certaines zones pourraient voir leur production entièrement anéantie. Les évaluations officielles de la Junta de Andalucía et du ministère ne sont pas encore publiées, mais ces chiffres permettent d’entrevoir la gravité des dégâts.

Les défis liés au climat

La production d’amandes en Espagne avait déjà été affaiblie par la sécheresse et d’autres facteurs tels que la pluie tardive, des vents perturbant la pollinisation, des grêles au mois d’avril et des champignons. En 2025, on commençait à voir des signes de reprise, mais il s’agissait d’un mirage statistique : bien que la production ait augmenté de 5 % cette année-là, la surface cultivée avait crû de 10 %.

Un avenir incertain

Actuellement, environ 15 % des amandiers plantés en Espagne ne sont pas encore productifs, ce qui soulève des questions quant à la pérennité de cette culture. Pour éviter que l’amandier ne connaisse le même destin que d’autres cultures délaissées, il est essentiel d’établir une meilleure sécurité et de reconsidérer l’avenir du secteur.

Un géant aux pieds d’argile

L’agriculture en Espagne demeure un secteur puissant mais fragile. L’avenir de l’amandier en est le meilleur exemple : sans mesures adéquates et réformes structurelles, nous pourrions être confrontés à de sérieux défis dans les années à venir.



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