Une nouvelle tarification pour le transport de grains
Dans un contexte où le coût logistique demeure une variable essentielle pour le secteur agricole, la Fédération argentine des entités entrepreneuriales du transport de marchandises (FADEEAC) a présenté une nouvelle tarification indicative pour le transport de grains, qui sera en vigueur à partir de mars 2026.
Cette initiative vise à apporter de la prévisibilité dans un marché marqué par une grande volatilité et des asymétries fortes en matière de négociation. Cristian Sanz, président de FADEEAC, explique que la décision de sortir de la table de négociation précédente était motivée par une nécessité de souligner la qualité du transport et les conditions de travail des employés, ainsi que d’améliorer la sécurité routière et de réduire l’impact environnemental.
Une matrice basée sur des données réelles
La nouvelle structure tarifaire a été élaborée par le Département des études économiques et des coûts de FADEEAC en collaboration avec des chambres de diverses régions, notamment Buenos Aires, Santa Fe, Córdoba, et d’autres. Ce processus a été audité et validé par la Faculté des sciences économiques de l’UBA, renforçant ainsi sa cohérence méthodologique.
Le modèle repose sur une ingénierie de coûts qui combine des données de marché avec des outils techniques. Il comprend 50 structures distinctes en fonction du type d’opération et de la distance, allant de trajets courts à des parcours de 1 500 kilomètres, exprimés en valeur par tonne transportée.
Un aspect essentiel est la distinction entre coûts fixes (salaires, assurances, brevets) et coûts variables, où le coût du carburant et des pneus joue un rôle prépondérant.
Estimation de l’impact de la saisonnalité
Cette méthodologie prend également en compte un élément clé du transport de grains : la saisonnalité. Dans la zone centrale, l’activité se concentre dans les mois suivant la récolte, avec des pics de demande pendant quatre mois et des périodes de faible activité plus longues.
En revanche, les trajets de longue distance ont un comportement plus homogène tout au long de l’année, influencés par la logistique de stockage et la distance aux ports, ce qui permet de répartir les livraisons dans le temps.
Une distorsion entre la référence et le marché
Un des principaux problèmes soulignés par FADEEAC est la différence entre les valeurs de référence et celles effectivement payées sur le marché. À l’heure actuelle, les transporteurs se trouvent dans une position de faiblesse pour négocier. Les tarifs finaux sont souvent bien inférieurs à la référence, atteignant parfois 70% en fonction de la demande.
De plus, un problème structurel de informalité règne dans le secteur, entraînant des distorsions concurrentielles. Les experts notent que le segment du transport de grains est l’un des moins contrôlés, ce qui nuit à ceux qui opèrent légalement.
Valeurs de référence et variables critiques
La nouvelle tarification propose une minuterie précise adaptée en fonction de la distance. Par exemple, pour un trajet de 100 km, le coût se situe autour de 25 389 $. Pour 500 km, il dépasse 77 700 $, et pour un parcours de 1 500 km, la référence atteint environ 148 417 $ par tonne.
Ce schéma inclut également un coût de statut fixé à 223 180 $ par jour, un élément essentiel en cas de retard dans les opérations de chargement ou de déchargement, impactant directement les coûts opérationnels.
Globalement, cette nouvelle matrice tarifaire vise non seulement à actualiser les chiffres, mais également à organiser un segment clé du transport en Argentine, où la logistique joue un rôle déterminant dans la compétitivité du secteur agricole.

