Le parcours de Karen Quiñonez : entre transition et réversion
Lorsque Karen Quiñonez a décidé de revenir sur sa transition de genre, elle a engagé un processus poignant qu’elle partage dans le podcast Voz Podés. Cette expérience révèle que la réversion n’est pas simplement un changement de nom ou d’apparence, mais implique de lourdes conséquences physiques, psychologiques et sociales.
Les effets de la thérapie hormonale
Après près d’une décennie à vivre sous l’identité masculine de Tomás, Karen a expérimenté des changements corporels majeurs grâce à une thérapie de remplacement hormonal à la testostérone. “J’ai longtemps cherché mon identité”, raconte-t-elle, soulignant que la réversion lui a finalement apporté un sentiment de plénitude.
Au départ, sa transition a été influencée par l’interaction avec d’autres personnes trans lors de ses études. Cependant, le diagnostic rapide de dysphorie de genre, effectué en une seule session de quinze minutes, a laissé place à un processus médical centré sur la hormonisation sans accompagnement psychologique adéquat.
“Ma voix ne sera jamais la même”, confie-t-elle, faisant état des durs impacts sur son estime de soi et sa santé mentale. La prise de testostérone a provoqué de nombreux effets indésirables, allant de l’augmentation de poids rapide à des aspirations suicidaires, exacerbées par des tensions familiales croissantes.
Le chemin vers la réversion
La décision de revenir à sa féminité n’est pas survenue facilement. Elle a été le fruit d’une introspection profonde et de la recherche d’un soutien psychologique plus complet et adapté. “J’ai trouvé des spécialistes qui savaient aborder la réversion, un sujet souvent négligé”, ajoute-t-elle.
Ce processus n’a pas seulement été physique, il a aussi impliqué un combat pour retrouver son identité sociale, souvent à travers des petits gestes symboliques, comme le port de vêtements féminins. Malheureusement, ce retour a été marqué par des sentiments de solitude et de rejet, notamment de la part de certains membres de la communauté LGBT+.
La santé mentale : un enjeu crucial
Karen souligne que la santé mentale est essentielle tout au long de ce parcours. Pendant sa transition, elle a connu un vide immense qui a été difficile à combler. “Je me suis longtemps battue pour retrouver ma place dans le monde.”
Elle insiste sur le besoin urgent d’un soutien psychologique solide pendant et après la transition. “Il est nécessaire que les professionnels offrent un accompagnement réel sans jugement, surtout pour ceux qui envisagent de se détourner de leur parcours initial.”
Pour Karen, les séquelles physiques de la transition, telles que l’endométriose et les problèmes de fertilité, sont autant de rappels de l’importance d’une approche holistique dans les soins liés à la dysphorie de genre. Elle espère que davantage de personnes partageront leurs expériences pour briser le silence entourant la réversion, afin que celles qui vivent des situations similaires ne se sentent pas seules.

