Obreros et antifascistes : La traque des brigadistas disparus à Catalogne
Profil des brigadistes disparus
Les brigadistes internationaux de la Guerre Civile espagnole, principalement des artisans tels que des charpentiers, des maçons et des mécaniciens, ont majoritairement disparu dans les combats qui ont secoué la Catalogne. Selon deux études de la Generalitat de Catalogne, ces volontaires, souvent âgés d’une trentaine d’années et sans enfants, étaient séduits par les idéaux communistes ou antifascistes. Bien qu’environ 2000 d’entre eux soient portés disparus, un millier a déjà été identifié.
Études sur les brigadistes
L’un des rapports, dirigé par le département de la Justice de la Generalitat, a permis de recueillir des informations sur 208 volontaires italiens, dont 169 ont combattu aux côtés des républicains lors de la célèbre bataille de l’Ebre. L’autre étude se penche sur les mouvements de la brigade Garibaldi, composée majoritairement d’Italiens, ainsi que sur le bataillon tchéco-balkanique, qui a également joué un rôle clé dans ce conflit.
Le programme Alvah Bessie
Pour retracer ces brigadistes disparus, la Generalitat a lancé en 2022 le programme Alvah Bessie. Celui-ci vise à identifier non seulement les combattants disparus, mais également à retrouver leurs familles dans leurs pays d’origine. À ce jour, 1 139 de ces brigadistes ont été identifiés.
Xavier Menéndez, directeur de l’area de mémoire démocratique, souligne l’importance d’éduquer les jeunes générations pour éviter la répétition de telles tragédies. “La seule manière d’assurer que cela ne se reproduise pas est de le raconter aux nouvelles générations”, déclare-t-il.
Difficultés d’identification
L’identification des brigadistes repose sur divers types de documentations, des rapports militaires aux archives historiques conservées en Russie. Cependant, les chercheurs comme Jordi Martí-Rueda soulignent aussi les défis. Des erreurs dans l’orthographe des noms, les incohérences dans les rapports militaires, et la difficulté de retrouver les familles, souvent absentes de descendance, compliquent le travail.
Collaboration internationale
La recherche du passé trouve de l’écho au-delà des frontières. Des associations de mémoire basées à l’étranger, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni, ont offert une assistance précieuse, notamment avec l’Association Italienne de Combattants Volontaires Antifascistes, qui pourrait faciliter la communication entre les familles et les autorités catalanes.
Motivations des volontaires
Les motivations qui ont poussé ces volontaires à combattre le régime franquiste sont variées. Beaucoup sont arrivés d’Italie ou d’autres pays d’Europe, cherchant à lutter contre le fascisme. Comme le souligne Martí-Rueda, “venir ici pour combattre Franco était une manière de se battre aussi contre Mussolini”.
Avancées et espoirs futurs
En 2021, la Generalitat a ouvert un registre ADN pour faciliter l’identification des restes des brigadistes disparus, permettant aux familles de trouver enfin la paix. Menéndez explique que le retour des corps identifiés contribue à apporter un certain réconfort aux familles, leur permettant de “clore un chapitre douloureux”.
Les recherches continuent donc, nourries par un désir collectif de mémoire et de justice. La dignité des brigadistes disparus sera, espérons-le, restaurée grâce aux efforts soutenus de la Generalitat et à la mobilisation des descendants et passionnés de mémoire historique.
