La députée fédérale Laura Ballesteros Mancilla appelle à la démission de María del Rosario Piedra Ibarra, présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en raison de ses présumées omissions concernant la crise des disparitions au Mexique. À travers une lettre officielle et une déclaration publique, Ballesteros souligne que l’institution n’a pas réussi à protéger les victimes ni à agir en tant que contrepoids face à l’État.
La demande de destitution et le contexte juridique
La députée prévoit également de promouvoir un juge politique contre la titulaire de la CNDH, en se basant sur les articles 102, section B, et 110 de la Constitution mexicaine. Cette démarche vise à restaurer la légitimité et l’autonomie de l’organisme, mis à mal selon elle par le manque d’actions significatives en faveur des victimes.
Une crise des disparitions alarmante
Un des principaux arguments de Ballesteros concerne l’augmentation inquiétante des disparitions, avec plus de 20 000 cas signalés entre 2023 et 2025, période pendant laquelle Piedra Ibarra a dirigé la CNDH. Des données publiées par le Comité des Nations Unies pour la disparition forcée montrent que le Mexique est l’un des pays nécessitant le plus d’actions urgentes à l’échelle mondiale, renforçant ainsi la gravité de la situation.
Conflit d’intérêt et manque d’impartialité
Ballesteros a également soulevé des inquiétudes quant à la proximité de Piedra avec le parti au pouvoir, ce qui pourrait compromettre l’impartialité de la CNDH. Elle affirme que ce conflit d’intérêts empêche l’institution de mener à bien son travail. De plus, la députée critique le manque d’investigations d’office et l’absence de recommandations fermes, ce qui affaiblit davantage le rôle de la CNDH en tant qu’organe autonome.
Le rôle crucial de la CNDH
La CNDH est chargée de défendre les droits humains, d’émettre des recommandations et de soutenir les victimes, notamment en cas de disparition. Cependant, Ballesteros soutient que ces responsabilités n’ont pas été exercées de manière adéquate dans le contexte actuel, alimentant ainsi des interrogations sur l’efficacité de l’organisme.
Pression croissante et attentes des familles
Enfin, les revendications des familles de disparus et des groupes de recherche sont de plus en plus pressantes. Ballesteros indique que les mécanismes formels en place n’ont pas produit de résultats tangibles, ce qui aggrave le sentiment de méfiance et contribue à la revictimisation des victimes et de leurs familles.
La demande de démission et l’annonce du procès sont placées dans un contexte de pression nationale et internationale face à la gestion des disparitions au Mexique. L’État est appelé à répondre aux préoccupations des citoyens et à améliorer les mesures de protection pour les victimes, afin d’éviter une crise humanitaire de grande ampleur.

