Comment les algorithmes des réseaux sociaux influencent la propagation des fausses informations
Les fondements de la désinformation sur les réseaux sociaux
Depuis quelques années, l’idée que les réseaux sociaux favorisent la propagation de fausses informations est largement ancrée dans le discours public. La crainte de la désinformation et sa présumée capacité à se diffuser plus rapidement que la vérité ont suscité des études et des débats sur l’impact des plateformes numériques sur l’opinion publique.
Une recherche révélatrice
Un article publié dans la revue Muy Interesante met en évidence qu’une récente étude de la University of Western Australia a découvert que la propagation des fausses informations pourrait être davantage liée aux mécanismes techniques des réseaux sociaux qu’à une tendance humaine innée. L’étude souligne que, lorsque les algorithmes et systèmes de recommandation sont supprimés, les individus n’ont pas tendance à partager des informations trompeuses par défaut.
Messages véritables vs. faux
Il a été démontré que les messages véridiques sont en moyenne plus persuasifs et plus partagés que ceux qui sont mensongers, remettant ainsi en question une croyance largement répandue sur les environnements numériques.
Les résultats de l’étude sur la persuasion et la véracité
La recherche de Nicolas Fay a impliqué 4 607 participants âgés de 18 à 99 ans au cours de quatre expériences. Dans deux d’entre elles, les participants ont dû rédiger des messages pour convaincre d’autres personnes, tandis que les deux autres avaient pour but d’attirer l’attention.
Le résultat principal est que les messages véridiques ont été jugés plus persuasifs et efficaces pour modifier les croyances que les messages mensongers, qui ont même entraîné un rejet. Ainsi, la véracité semble fortement liée à une plus grande influence sociale.
Différences avec les recherches précédentes
Cette étude se distingue de recherches antérieures, comme celle publiée en 2018 dans Science, qui stipulait que les fausses nouvelles se propageaient plus loin et plus vite que les vraies. Ce travail recentre la discussion sur les comportements des utilisateurs en l’absence de l’influence algorithmiques.
Il apparaît clairement qu’une fausse information peut devenir virale sans nécessairement résulter d’une préférence des utilisateurs; cela dépend plutôt des systèmes de recommandation qui favorisent souvent des messages créant la polémique.
Facteurs émotionnels et sociaux
La recherche révèle également que le partage d’un message dépend principalement de son impact émotionnel positif et de sa capacité à favoriser l’interaction sociale. Les individus partagent des informations non seulement pour leur véracité, mais aussi pour se sentir connectés à une communauté.
Une fausse information peut se révéler être un outil social en créant des surprises ou en renforçant des identités, ce qui est étroitement lié à l’effet de vérité illusoire, où la répétition d’un message augmente sa perception de véracité, même sans preuves objectives.
Comparaison avec l’intelligence artificielle
Cette étude compare également des textes rédigés par des humains et ceux générés par le modèle GPT-3.5. Il a été noté que les messages générés par l’IA étaient perçus comme plus persuasifs et susceptibles d’être partagés, particulièrement quand ils prenaient en compte la véracité.
Limitations de l’étude
Les chercheurs ont mis en avant plusieurs limitations, notamment le fait que l’étude a été réalisée dans un environnement contrôlé qui ne représente pas la complexité des réseaux sociaux. De plus, la population étudiée, principalement occidentale et avec un certain niveau d’éducation, pourrait ne pas être entièrement représentative des autres contextes.
Bien que l’étude ne se penche pas en profondeur sur d’autres facteurs importants, elle offre un aperçu précieux pour dissocier la psychologie individuelle de l’impact des algorithmes sur la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux.

