L’Indecopi a déclaré illégal un requisito imposé par la Municipalité Métropolitaine de Lima pour l’obtention des licences de fonctionnement dans le Centre Historique de la capitale. Cette décision a été adoptée par la Salle Spécialisée dans l’Élimination des Barrères Burocratiques par la Résolution N° 0092-2026/SEL-INDECOPI, émise le 27 février 2026.
La mesure contestée obligeait les administrés à posséder un code cadastral ou une numérotation différenciée du bien immobilier comme condition préalable pour ouvrir un commerce dans cette zone. Cependant, l’organisme a conclu que cette exigence manquait de base légale et contrevenait aux normes en vigueur, nécessitant son retrait de l’ordre municipal.
Exigence sans soutien légal
La barrière bureaucratique a été identifiée dans le numéro 89.4 de l’article 89 de l’Ordonnance N° 2612-MML, qui régule les procédures administratives dans le Centre Historique de Lima. Ce dispositif stipulait que les demandeurs de licences devaient prouver un code cadastral ou une numérotation spécifique du bien pour le différencier des autres.
Selon l’analyse de la Salle, cette exigence constituait une condition supplémentaire non prévue dans l’article 7 du Texte Unique Ordonné de la Loi N° 28976, connue sous le nom de Loi-Cadre de Licence de Fonctionnement. Cette loi définit taxativement les exigences maximales que les entités peuvent demander lors de l’octroi de ce type d’autorisations.

Ainsi, l’Indecopi a déterminé que la municipalité avait dépassé ses compétences en imposant des conditions non prévues, affectant l’accès des citoyens et des entreprises au marché formel.
Absence d’avis du Ministère de la Culture
Un autre fondement essentiel de la résolution repose sur l’omission d’un requisito formel clé lors de l’approbation de l’ordonnance municipale. D’après ce qui est précisé, l’Ordonnance N° 2612-MML a été émise sans l’avis préalable du Ministère de la Culture.
Cette omission viole ce qui est établi dans le numéro 2 de l’article 29 de la Loi N° 28296, Loi Générale du Patrimoine Culturel de la Nation, ainsi que l’article 5 de la Loi N° 31980, qui crée un régime spécial pour le Centre Historique de Lima. Les deux dispositions exigent, sous peine de nullité, que toute réglementation municipale concernant des biens faisant partie du patrimoine culturel soit validée au préalable par ce ministère.
Le Centre Historique de Lima, en raison de son statut de patrimoine culturel, est soumis à ce type de contrôle. Par conséquent, l’absence de cet avis technique constitue un vice de nullité de plein droit, étant une formalité essentielle pour la validité de la norme.

Impact sur les administrés
L’exigence du code cadastral ou d’une numérotation différenciée représentait une charge supplémentaire pour les citoyens qui désiraient formaliser leurs activités économiques dans le Centre Historique. Dans de nombreux cas, cette exigence pouvait retarder ou même empêcher l’obtention de la licence de fonctionnement.
Avec la déclaration d’illégalité, cette barrère bureaucratique est supprimée, ce qui pourrait faciliter l’accès au marché et réduire les délais de traitement pour les entrepreneurs et les entreprises souhaitant opérer dans cette zone de la ville.
Par ailleurs, cette décision réaffirme le principe de légalité dans l’action des entités publiques, rappelant que les municipalités ne peuvent imposer des conditions dépassant celles établies dans la réglementation nationale.
Prononcé en seconde instance
La résolution de la Salle Spécialisée confirme ce qui avait été décidé auparavant en première instance par la Résolution N° 0305-2025/CEB-INDECOPI, émise le 25 juillet 2025. À cette occasion, il avait déjà été déterminé que la mesure constituait une barrère bureaucratique illégale.
Avec ce prononcé en seconde et dernière instance administrative, le critère est désormais ferme et établit un précédent significatif concernant les limites de la réglementation municipale dans les zones protégées.

