Le cas du feu de signalisation de Valence : 45 000 euros de pénalité et deux jugements perdus
Lorsqu’un feu de signalisation tombe en panne, des règles de circulation doivent être respectées jusqu’à sa réparation. Le problème se complique lorsque cette réparation prend plusieurs jours, engendrant un véritable chaos. C’est ce qui s’est produit en novembre 2023 à Valence, où un litige entre le Tribunal Supérieur de Justice de la Communauté valencienne (TSJCV) et une entreprise de maintenance a été récemment résolu.
Une situation délicate
Pendant cinq jours, le feu piéton situé à l’avenue Doctor Manuel Candela avec la rue Santos Justo y Pastor affichait simultanément un feu rouge et un feu vert. La première alerte a été signalée le 14 novembre à 6h45 du matin. Quatre jours plus tard, une inspection municipale confirmait que le problème persistait.
Les raisons du retard
Selon la mairie de Valence, la source de la panne était liée à l’entreprise chargée de la maintenance. Celle-ci avait remplacé des ampoules halogènes défectueuses par des ampoules LED de type E27, jugées “manifestement inappropriées” pour un réseau de feux de signalisation. Le problème ne résidait pas seulement dans le type d’ampoule, mais également dans la méthode d’installation, qualifiée de “techniquement inappropriée” par les rapports municipaux.
Conflit juridique
La mairie a imposé une amende de 45 000 euros à Electronic Trafic S.A., l’entreprise adjudicataire du contrat. Celle-ci a contesté la décision, arguant qu’elle avait résolu deux pannes en moins de deux heures et que la municipalité avait délibérément confondu les termes “panne” et “incident”. Elle a également évoqué un ressentiment personnel de la part du responsable du Service de Mobilité. Cependant, les tribunaux n’ont pas retenu ces arguments.
Le verdict des juges
Le TSJCV a confirmé la sanction le 26 février, affirmant que le comportement de l’entrepreneur était grave, ayant laissé un carrefour très fréquenté en défaut de fonctionnement pendant plus de quatre jours. Le tribunal a souligné la précision des rapports municipaux et le manque de preuves techniques de la part de l’entreprise pour contester ces rapports. En sus des 45 000 euros, l’entreprise devra également s’acquitter de 2 500 euros en frais de justice.
Les implications de cette décision
Le jugement met en avant la responsabilité de l’entreprise, qui a signalé le problème sans agir efficacement pour le résoudre. Étant donné que le feu de signalisation est un équipement critique pour la sécurité routière, la rapidité de la réparation est d’autant plus cruciale. De plus en plus de villes externalisent la gestion du trafic à des entreprises privées, et ce jugement fait jurisprudence.
Que se passe-t-il maintenant ?
Le carrefour fonctionne désormais normalement. Bien que la décision soit susceptible d’appel, le soutien de deux instances judiciaires pour la position de la municipalité laisse peu de marge de manœuvre à l’entreprise.
Photo de couverture | Georgi Zvezdov

