Canadá : Une nouvelle porte pour les voitures électriques chinoises
Le Canada devient rapidement la porte d’entrée des fabricants chinois de voitures électriques en Amérique du Nord. Des entreprises comme BYD, Geely et Chery préparent leur arrivée sur le marché canadien, suscitant des inquiétudes à Washington.
Un accord commercial décisif
En janvier, le gouvernement de Mark Carney a signé un accord commercial avec la Chine, ce qui a permis de réduire les droits de douane sur les véhicules électriques chinois de 100% à 6,1%. En échange, Pékin a accepté de diminuer ses tarifs sur certains produits agricoles canadiens. Cet accord pourrait permettre l’entrée de jusqu’à 49 000 voitures électriques chinoises par an, et potentiellement 70 000 d’ici cinq ans.
Les marques qui s’installent
Selon l’entreprise de conseil DSMA, trois marques se distinguent : BYD, Geely et Chery. Ces entreprises travaillent à la certification de leurs véhicules, à la mise en place de réseaux de distribution et à la recherche de partenaires financiers locaux. Les premiers véhicules pourraient arriver dès la fin de 2026.
- BYD prévoit d’établir 20 concessionnaires dans un premier temps, en commençant par Toronto, puis en s’étendant à Vancouver, Montréal et Calgary. La marque envisage également la construction d’une usine de production au Canada.
- Geely attend actuellement la certification pour ses véhicules. Bien qu’elle soit déjà présente en Amérique du Nord à travers Volvo et Polestar, Zeekr serait sa première marque chinoise à entrer sur le marché canadien.
- Chery recrute du personnel au Canada et a enregistré plusieurs marques, dont Omoda et Exeed. L’entreprise explore des opportunités de partenariat avec des acteurs locaux.
Délais de mise sur le marché
Un accord commercial ne garantit pas une arrivée immédiate des véhicules. Le consultant du secteur, Stephen Beatty, a souligné que le processus de certification pourrait prendre un an ou plus. Les marques comme Tesla, déjà préparées, ainsi que Volvo et Polestar, pourraient être les premières à s’imposer sur le marché.
Les préoccupations de Washington
Washington considère cet accord comme “problématique”, affirmant que le Canada pourrait le regretter. Si les fabricants chinois réussissent à s’implanter au Canada, le marché américain, qui est leur objectif ultime, pourrait être plus accessible.
Les tensions commerciales existantes
Les États-Unis continuent d’imposer de lourds droits de douane sur les voitures chinoises, ainsi qu’une interdiction concernant certaines technologies. Cela bloque toute entrée massive de ces véhicules sur le marché américain. En ouvrant ses portes, le Canada crée un précédent et une tête de pont pour les fabricants chinois.
Vers une expansion future
Actuellement, les grandes chaînes de concessionnaires canadiens sont partagées : certaines sont prêtes à conclure des accords avec des marques chinoises, tandis que d’autres préfèrent observer l’évolution de la situation. On estime que d’ici quelques années, entre 15 et 20 fabricants chinois pourraient opérer au Canada.
La situation est donc en constante évolution et marque le début d’une nouvelle ère pour l’industrie automobile nord-américaine, avec des opportunités et des défis à chaque tournant.

