Un membre des Taliban à la tête de l’ambassade afghane à Berlin

Un événement sans précédent vient de se produire : un membre des Taliban a été nommé chef de l’ambassade afghane à Berlin, et ce, sans que le gouvernement allemand en ait été informé. Ceci fait de l’Allemagne le premier pays de l’Union européenne à avoir littéralement un représentant des Taliban à la tête d’une mission diplomatique.

La carrière fulgurante de Nebrasul H.

Nebrasul H., un des deux simples agents consulaires, a fait son apparition à Berlin l’été dernier, avec l’approbation du gouvernement allemand. Son rôle initial était d’assister à la préparation des expulsions vers l’Afghanistan, soutenant ainsi la nouvelle politique migratoire mise en place par le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt. Cependant, sa mission a pris une tournure inattendue : il est devenu le chef de l’ambassade, devenant ainsi le premier “ambassadeur” des Taliban dans un pays de l’UE.

Nebrasul H. agissant en tant que « chargé d’affaires »

Des documents confidentiels, recueillis par le bureau de l’ARD à New Delhi, révèlent que Nebrasul H. agit en tant que « chargé d’affaires » au sein de l’ambassade et signe des documents en contact direct avec le ministère des Affaires étrangères de Kaboul. Un chargé d’affaires remplace un ambassadeur lorsqu’il est absent, une situation qui est désormais la norme pour l’ambassade afghane à Berlin.

Le précédent chargé d’affaires, Abdul P., a été dégradé en janvier dernier, malgré une collaboration de longue date avec les Taliban. Une source diplomatique a indiqué qu’il n’était pas jugé assez fiable en raison de son affiliation avec le gouvernement précédent.

Le ministère des Affaires étrangères dans le flou

Le changement à la tête de l’ambassade n’a pas été communiqué à la Bundesrepublik, ce qui soulève des questions diplomatiques. En effet, un document du ministère afghan stipule que le statut diplomatique d’Abdul P. devait être maintenu jusqu’au 20 mars, empêchant toute notification concernant son remplacement. Cela a permis aux Taliban de donner l’apparence d’une continuité dans la mission diplomatique.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a été dans l’ignorance pendant presque trois mois concernant le leadership de l’ambassade, et il semble que les Taliban aient agi de manière stratégique en maintenant Abdul P. sur place, le présentant comme un visage familier pour éviter d’éveiller des soupçons.

Une légitimité contestée

L’arrivée de ce membre des Taliban dans une position de pouvoir soulève de nombreuses interrogations, car le gouvernement allemand n’a jamais reconnu le régime des Taliban comme légitime en Afghanistan. En outre, des représentants du gouvernement ont souligné à plusieurs reprises qu’il était souhaitable que les représentations afghanes soient dirigées par des personnes qui avaient été accréditées avant la prise de pouvoir des Taliban.

Incidents précédents

Cette situation ne se limite pas à Berlin. D’autres incidents similaires s’étaient déjà produits, comme la prise de contrôle par Mustafa H. de l’ambassade de Bonn, illustrant le fait que les Taliban ne suivent pas forcément les règles dictées par le gouvernement allemand. Cela indique clairement que les Taliban poursuivent leurs objectifs en Europe, indépendamment des attentes diplomatiques.

Conclusion

La nomination de Nebrasul H. à la tête de l’ambassade afghane soulève des préoccupations majeures pour la politique allemande et européenne en matière de diplomatie. Cela met en lumière les défis auxquels l’Allemagne fait face pour manœuvrer dans un monde diplomatique en pleine mutation, où les Taliban, bien qu’inexcusables, réussissent à déjouer les attentes des gouvernements occidentaux.



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