La crise énergétique à Cuba : un appel à l’aide

Cette semaine, Cuba s’est réveillée dans l’obscurité. Un effondrement complet du réseau électrique national a touché le pays, entraînant l’interruption d’opérations chirurgicales dans les hôpitaux, la détérioration des aliments et la suspension des vols. Ce black-out est le sixième en 18 mois, révélant une crise humanitaire et énergétique sans précédent.

Les origines de la crise

Cette situation critique trouve son origine début 2026. La capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, par des forces américaines a coupé le précieux approvisionnement en pétrole, précédemment envoyé à Cuba. Depuis lors, le blocus énergétique américain, sous l’administration Trump, s’est intensifié, étouffant davantage l’île.

Le soutien inattendu de la Russie

Face à ce blocus, la Russie, un ancien allié de Cuba, a décidé d’intervenir. En effet, Cuba dépend historiquement des importations pour satisfaire environ 60 % de ses besoins en pétrole. Une carence dramatique depuis le 9 janvier, date à laquelle le dernier navire, le Ocean Mariner, a apporté des fournitures.

Les navires sauveteurs

Actuellement, deux navires attirent l’attention :

  • Sea Horse : Ce navire battant pavillon de Hong Kong transporte 200 000 barils de diesel et est attendu sur les côtes cubaines.
  • Anatoly Kolodkin : Un bateau russe, chargé de 730 000 barils de brut des Urales, prévu pour arriver dans les prochains jours.

Un face-à-face entre Moscou et Washington

La présence de ces navires n’est pas qu’un simple acte commercial : elle symbolise la solidarité russe envers Cuba, en réponse à une rhétorique belliciste de Trump, qui a exprimé son intention d’“agir” contre le régime cubain.

Des implications de long terme incertaines

Cependant, les analystes avertissent que cet apport en carburant ne sera que temporaire. Jorge Piñón a souligné que le diesel ne suffira qu’à couvrir les besoins nationaux pendant 10 jours, alors que les réserves de l’île sont déjà à sec.

Des mesures désespérées dans un contexte militarisé

La situation sur l’île s’est exacerbée avec la présence militaire américaine à proximité des côtes cubaines. Dans ce contexte, le gouvernement cubain a mis en place des mesures inusitées, comme autoriser les petites entreprises à importer du carburant et encourager les investissements d’exilés cubains.

Une attente anxieuse pour l’avenir

Alors que les navires se dirigent vers Matanzas, l’issue de cette crise demeure incertaine. Les pourparlers entre La Havane et Washington restent en suspens. Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a promis de résister et de défendre l’île contre toute pression extérieure, évoquant des souvenirs de la guerre froide.

Cuba est à un tournant critique. Les yeux de 11 millions de Cubains sont rivés sur la mer, espérant que ces navires apporteront bien plus que quelques jours de lumière.



F1-ES