Les embalses du Tajo : Des niveaux d’eau records

Les embalses de Entrepeñas et Buendía, depuis l’ouverture du transfert en 1979, n’ont jamais connu un tel volume : environ 1.649 hm³. En comparaison, toute la cuenca du Segura ne totalise que 52 hm³, soit un tiers de cette quantité. Ces chiffres illustrent pourquoi, malgré les revendications de la Junta de Castilla-La Mancha au gouvernement central, 180 hm³ provenant du Tajo devraient arriver à Segura avant la fin du trimestre.

Un système en pilotage automatique

Le 13 mars 2026, la Commission Centrale d’Exploitation a validé cet envoi. La législation en vigueur laisse peu de place à la flexibilité, car la tête du Tajo est depuis plusieurs mois à Niveau 1. Dans ce contexte, la norme impose la mise en œuvre du transfert d’eau. Malheureusement, les règlementations sont désormais obsolètes, avec la proposition de modification n’attendant que d’être validée par le Tribunal Suprême.

Les réclamations de Castilla-La Mancha

Castilla-La Mancha exprime des préoccupations légitimes : le gouvernement n’a pas respecté le décret royal sur la planification hydraulique, dont les normes auraient dû être en vigueur depuis février 2024, entraînant un retard de deux ans. Ce retard met en danger la protection environnementale du Tajo et des zones associées à la red Natura 2000.

La commission d’exploitation a autorisé le transfert, entraînant un gaspillage de 11% de l’eau stockée dans le Tajo.

La situation à Murcia

Du côté de Murcia, la région a reconnu les défis liés à la dépendance des transferts d’eau. Bien que des projets d’extension de dessalinisateurs aient été validés, leur mise en œuvre avance lentement. Le temps qui passe constitue non seulement un problème pour les agriculteurs, mais c’est également une source de tensions potentielles pour les administrations régionales, surtout avec les élections proches.

Que peut-on attendre à l’avenir ?

Tant que le Tribunal Suprême n’agira pas et que le ministère ne prendra pas de mesures, les transferts d’eau continueront de s’effectuer automatiquement. Cela signifie que les agriculteurs du Segura l’emporteront à chaque fois sur les municipalités riveraines du Tajo.

Malgré tous les discours politiques, le conflit entre les régions est enraciné dans la gestion de cette précieuse ressource : l’eau qui circule dans les veines de chaque territoire.

Source de l’image : untipográfico



F1-ES