État alarmant des routes espagnoles : 68 % présentent des dommages graves

Plus de la moitié du réseau routier espagnol accumule des dommages graves ou très graves, selon le dernier rapport de l’Association espagnole des routes (AEC). Ce constat alarmant s’accompagne d’une facture de rénovation qui dépasse les 13 milliards d’euros. Parmi les communautés autonomes, l’Aragon se classe à la dernière position avec le réseau routier le plus dégradé.

Une situation qui ne fait qu’empirer

En juillet 2025, l’AEC a publié son audit du réseau routier national, indiquant que l’état des routes est le pire depuis la fin des années 80. En 2022, environ 13 000 km de routes étaient en très mauvais état ; aujourd’hui, ce chiffre atteint presque 34 000 km, presque le triple en seulement trois ans.

La définition du “détérioré grave”

Le rapport de l’AEC distingue deux niveaux d’urgence. Ainsi, 34 000 km nécessitent une reconstruction immédiate, tandis que 20 000 km supplémentaires doivent faire l’objet d’interventions dans les quatre ans à venir. Au total, plus de 54 000 km sur un réseau total de 101 700 km se trouvent dans une situation préoccupante.

Coût de l’entretien routier

Le déficit d’entretien routier atteint 13,49 milliards d’euros, un montant actualisé en 2025. Ce coût a augmenté de 42,7 % par rapport à 2022, réparti entre les routes de l’État et celles gérées par les communautés autonomes.

Dominante d’Aragon dans le classement

En Aragon, 68 % des routes présentent des dégradations graves, soit 16 points de pourcentage au-dessus de la moyenne nationale. C’est la seule communauté classée au niveau “critique”, ce qui appelle à des interventions immédiates sur ses infrastructures routières.

Impact sur d’autres communautés

Juste derrière l’Aragon, avec 59 % de leur réseau en état grave, se trouvent Castilla-La Mancha et la Galice. D’autres régions comme l’Asturies et la Rioja montrent également des taux alarmants.

Conséquences économiques du mauvais état des routes

Conduire sur une route en mauvais état peut augmenter la consommation de carburant de jusqu’à 12 %. Selon l’AEC, le surcoût lié au mauvais état des routes pourrait atteindre 270 millions d’euros pour juillet et août de l’année dernière.

L’arrivée de l’intelligence artificielle

Jusqu’à récemment, l’AEC menait des inspections visuelles. En 2023, elle a commencé à utiliser un système d’inspection numérique basé sur l’intelligence artificielle, permettant d’analyser 4 000 km contre 300 auparavant.

Propositions de solutions

L’AEC réclame depuis longtemps la création d’un fonds de financement dédié à l’entretien des routes, combinant budgets publics, fonds européens et partenariats public-privé. Une nouvelle source de financement pourrait également provenir de l’extension de l’impôt spécial sur les hydrocarbures à d’autres moyens de transport.

Récemment, le ministre des Transports, Óscar Puente, a annoncé une injection de 1,629 milliard d’euros pour remédier à la situation, mais cela reste insuffisant face à l’ampleur des dégâts.



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