José María Balcázar demande la suspension d’un procès pour diffamation

Contexte de la demande

Le président José María Balcázar a récemment sollicité, devant le Quatrième Tribunal Unipersonnel de Chiclayo, la suspension d’un procès pour diffamation aggravée qui devait s’ouvrir le 6 mars prochain à 11h00. Dans sa requête, il invoque son immunité présidentielle en vertu de l’article 117 de la Constitution politique du Pérou, qui stipule qu’un président en fonction ne peut être poursuivi pénalement durant son mandat.

Argumentation juridique

Dans un document de 12 pages adressé à la Cour supérieure de justice de Lambayeque, Balcázar argue que la Constitution prévoit des restrictions précises à l’encontre des poursuites judiciaires visant un président en exercice. Selon son avocat, les accusations de diffamation ne rentrent dans aucun des cas permettant une action pénale contre lui. Ainsi, il demande que le procès soit reporté jusqu’à la fin de son mandat.

Les origines du conflit

La querelle entre Balcázar et son accusateur, l’avocat Yuri Díaz Jaime, remonte à décembre 2024. Ce dernier a été mentionné dans des déclarations faites par Balcázar sur sa page Facebook, où il évoquait des allégations de mauvaise gestion lors des élections du ICAL (Institut de formation des avocats de Lambayeque). En novembre 2025, un nouveau procès pour diffamation a été admis par le tribunal après qu’un procès antérieur ait été classé pour prescription.

Réactions de l’accusateur

Yuri Díaz Jaime accuse le président d’utiliser des manœuvres juridiques pour retarder ou éviter la justice. Il a également porté à l’attention du public l’embauche par Balcázar d’un ex-magistrat qui l’avait auparavant acquitté dans une affaire similaire, renforçant ainsi les suspicions quant à l’intégrité du processus judiciaire. Díaz Jaime considère que ce comportement nuit à la transparence et à la crédibilité des institutions.

Conséquences potentielles de l’audience

L’audience prévue a suscité beaucoup d’intérêt tant dans les cercles juridiques que politiques. Si Balcázar ne se présente pas, la juge Teresa Hiroko pourrait le déclarer fugitif et ordonner son arrestation à l’échelle nationale. Cette situation est accentuée par un avertissement clair inclus dans la convocation, notifiant les conséquences d’une absence injustifiée, ce qui accroît la pression sur la requête de suspension déposée par la défense de Balcázar.

Historique judiciaire entre les protagonistes

Le contexte de la querelle repose sur plusieurs décisions judiciaires antérieures. En 2023, une demande précédente avait été classée pour des raisons de prescription, mais le tribunal avait ordonné de traiter la question éventuelle d’un paiement de réparation civile. En février 2025, Balcázar avait été condamné à verser S/50.000 à Díaz Jaime, mais en octobre de la même année, une cour supérieure avait annulé cette décision, écartant ainsi toute nécessité de compensation.

Conclusion

La demande de José María Balcázar pour suspendre son procès pour diffamation est un développement significatif dans le paysage politique péruvien. Il reste à voir si la justice ira de l’avant face à des accusations qui, selon ses défenseurs, ne devraient pas s’appliquer durant son mandat présidentiel. La situation souligne les tensions entre le pouvoir exécutif et le système judiciaire, un problème récurrent dans de nombreux pays en développement.



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