Mercadona et la Liberté Syndicale : Une Indemnisation de 22.503 Euros
Mercadona, l’une des chaînes de supermarchés les mieux rémunérées pour ses employés, fait face à des accusations de pratiques de travail strictes. Récemment, un jugement a contraint l’entreprise de Juan Roig à verser une indemnisation de 22.503 euros à la Confederación Intersindical Galega (CIG) pour avoir violé la liberté syndicale de ses travailleurs.
Le Conflit au Sein du Comité de Sécurité et de Santé de Pontevedra
Au cœur de ce litige se trouve le Comité de Sécurité et de Santé (CSS) de Pontevedra. Dans ce comité, quatre délégués syndicaux de prévention des risques (deux de l’UGT et deux des CCOO) siègent aux côtés de quatre représentants de Mercadona. Les déléguées de la CIG, assistantes aux réunions, n’avaient cependant que voix et non vote, n’ayant pas le statut de déléguées de prévention.
Absence de Documentation pour les Syndicalistes
Les déléguées de la CIG ont rapidement remarqué que Mercadona leur refusait l’accès à des documents essentiels, fournissant ces informations exclusivement aux autres délégués syndicaux. Cela a eu pour conséquence qu’elles se retrouvaient à discuter de questions cruciales sans disposer des informations nécessaires. Le tribunal a considéré ce traitement différencié comme injustifié et contraire à la loi.
Une Demande en Justice
Le 2 décembre 2025, la CIG a demandé par écrit à Mercadona des informations sur les évaluations psychosociales, les règlements du CSS, ainsi que les données concernant les délégués syndicaux des autres organisations. Mercadona a immédiatement rejeté la demande, arguant que les déléguées de la CIG n’étaient pas déléguées de prévention.
La Décision de la Justice
Face à ce refus, la CIG a porté l’affaire devant le Tribunal Supérieur de Justice de Galice, demandant que Mercadona soit contrainte de fournir les documents requis. Le tribunal a examiné chacune des trois demandes du syndicat, les déclarant contraires au droit fondamental de liberté syndicale selon l’article 28.1 de la Constitution espagnole. Transi Fernández, secrétaire de CIG-Servizos de Vigo, a exprimé son incompréhension face à ce qu’elle appelle « une répression » de la part de l’entreprise.
Les Conduites Reprochées
Le tribunal a souligné l’illégalité des actions de Mercadona : le refus d’accorder aux déléguées de la CIG des informations relatives à la prévention des risques, ainsi que l’absence de communication concernant le règlement interne du CSS et les données sur les délégués syndicaux des autres syndicats. Ces refus entravaient la vérification d’un éventuel traitement inégal entre organisations syndicales.
Une Indemnisation pour Dommages Moraux
La décision n’a pas pris la forme d’une simple amonestation. Le Tribunal a imposé à Mercadona une indemnisation de 22.503 euros pour dommages moraux, reconnaissant ainsi la gravité de la violation d’un droit fondamental des travailleurs. Des sources de Mercadona ont déclaré qu’ils évaluaient s’ils allaient faire appel de cette décision, tout en affirmant que l’entreprise fournissait systématiquement les informations nécessaires au bon fonctionnement du CSS.
Cette situation souligne l’importance de l’accès à l’information et à l’égalité de traitement pour tous les représentants syndicaux, un sujet qui ne manquera pas de continuer à susciter des débats au sein des organisations de travail.

