Un coup de maître marketing : ‘Torrente Presidente’

Santiago Segura a récemment lancé la sixième partie de sa franchise emblématique, ‘Torrente Presidente’, sans bande-annonce officielle ni projection antérieure destinée à la critique spécialisée. Ce choix n’est pas le fruit du hasard, mais bien une stratégie réfléchie. Segura mise sur l’attrait populaire de sa série la plus lucrative et évite ainsi un affrontement avec une presse qui lui est devenue hostile depuis des années.

Une absence de bande-annonce

Il est indéniable que Santiago Segura est l’un des producteurs les plus astucieux de l’industrie cinématographique espagnole. Non seulement il a connu le succès avec les cinq précédents volets de ‘Torrente’, mais il a également su s’adapter aux goûts diversifiés de son public, notamment avec sa série familiale ‘Padre no hay más que uno’. Ce qui est fascinant, c’est sa capacité à manipuler son image publique ; il apparaît régulièrement à la télévision pour promouvoir ses projets, tout en choisissant parfois d’ignorer les méthodes traditionnelles de marketing, comme les bandes-annonces.

En choisissant de ne pas diffuser de bande-annonce et en se contentant d’une promotion minimale avec une chanson de Taburete, Segura semble vouloir créer un effet Streisand volontaire. L’absence d’information autour de la production pourrait finalement devenir le principal sujet de conversation, prouvant ainsi que l’absence de contenu promotionnel peut être en soi un puissant atout marketing.

L’absence de projection presse

De nos jours, les critiques ne jouent plus le même rôle prépondérant qu’autrefois dans le cadre des nouvelles sorties. L’essor des réseaux sociaux et des plateformes d’évaluation comme Rotten Tomatoes a affaibli l’influence des critiques professionnels. Cependant, les relations entre l’industrie et la presse demeurent, souvent teintées d’intérêts publicitaires. Historiquement, l’absence de projection préalable a souvent été interprétée comme un manque de confiance dans le produit. Pourtant, Segura semble conscient que ses films, souvent critiqués, connaissent un grand succès commercial.

Un affrontement de longue date

Cette lutte entre Segura et les critiques remonte à 1998, lorsqu’une critique négative de ‘Torrente’ publiée par la journaliste Nuria Vidal avait provoqué une réaction directe de Segura. Bien qu’il ait été blessé par l’article à l’époque, son succès à la billetterie a éclipsé ces tensions. Cependant, ce conflit a permis à Segura de se forger une image de “cinéaste commercial”, un statut qu’il semble désormais assumer avec fierté.

Une superfranchise à succès

En mars 1998, Santiago Segura a marqué l’histoire du cinéma espagnol avec la première ‘Torrente’, qui a pulvérisé les attentes en récoltant 10,9 millions d’euros. Cette première œuvre a engagé un retour sur investissement supérieur à 540 %. Les chiffres ne cessent d’évoluer positivement ; par exemple, ‘Torrente 2’ a triplé le budget tout en doublant la réciprocité au box-office.

Malgré les variations budgétaires et les baisses de recettes, la franchise n’a jamais manqué de rentabilité et après la sortie du cinquième volet en 2014, Segura a décidé de mettre sa figure emblématique en “veille”. Le bilan des cinq films dépasse 80 millions d’euros en revenus, avec plus de 16 millions de billets vendus en Espagne, plaçant cette œuvre hors du commun au rang des franchises les plus soutenues par le public.

Conclusion

‘Torrente Presidente’ représente une nouvelle ère pour Santiago Segura et son univers. En évitant les canaux traditionnels de promotion, il pourrait bien être en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du cinéma espagnol, où le succès commercial prime sur l’approbation critique.



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