A la fin des années 70, Superman n’était pas qu’un simple personnage : c’était la poule aux œufs d’or de DC, représentant un pari qui pouvait couronner ou anéantir le premier grand blockbuster moderne de super-héros. Les producteurs Alexander et Ilya Salkind souhaitaient réaliser un film sérieux et épique, loin du ton camp de Batman des années 60, tout en étant conscients que tout faux pas serait un ridicule historique.

Une pression énorme

Dans ce contexte, DC, méfiante, imposa des conditions stricte et surveilla le projet de près, comme s’il s’agissait d’une opération chirurgicale. Le véritable défi n’était pas simplement de faire un film, mais de rendre crédible un homme en collants et en cape rouge, pour que le public le respecte, plutôt que de le tourner en dérision.

Deux années de casting

La recherche du Superman idéal devint le véritable goulet d’étranglement : elle débuta en 1975 et s’étira jusqu’à février 1977, avec des centaines d’auditions et un sentiment croissant de désespoir. Une “liste de souhaits” incluait des stars comme Robert Redford, Warren Beatty, et même Muhammad Ali, mais chaque option échouait pour diverses raisons.

Le tournant décisif

En pleine tourmente, Christopher Reeve apparut provenant du théâtre new-yorkais, représentant une alternative qui ne correspondait pas à l’image de star recherchée par les producteurs, mais qui capturait parfaitement l’essence du personnage. La directrice de casting insista pour sa candidature jusqu’à ce qu’il obtienne enfin une véritable audition.

Réservation initiale

Lorsque le réalisateur Richard Donner le découvrit, il reconnaissait clairement le potentiel de Reeve : il avait le charisme et l’aura de Superman, mais était jugé trop jeune et trop mince (“un fil”, selon le réalisateur) pour remplir un costume qui exigeait une présence physique imposante.

Reeve avant de devenir Superman

La transformation physique

Reeve se vit forcé de réaliser une transformation physique radicale, un véritable ultimatum : il devait se transformer en Superman, et rapidement. Les producteurs lui suggérèrent d’utiliser des muscles synthétiques sous le costume, mais il refusa, croyant fermement que la crédibilité reposait sur une transformation authentique.

Un entraîneur de choix

David Prowse, l’acteur sous le costume de Darth Vader et culturiste, accepta de coacher Reeve. Il le forma à une routine intense visant à développer sa masse musculaire, afin qu’il soit assez fort pour réaliser des vols et supporter la pression du personnage.

La discipline alimentaire

Tout cela nécessita une diete hyperprotéinée : quatre repas par jour, combinés avec des quantités adéquates de suppléments vitaminiques, permirent à Reeve de prendre massivement du muscle. Chaque jour, il se succédait des entrainements intenses ; manquer un repas représentait un vrai recul.

Un problème de continuité

Au fur et à mesure du tournage, la prise de masse de Reeve devint un problème de continuité : il continuait à gagner du muscle, rendant ses prises de vue incohérentes. La production fut contrainte de retourner certaines scènes, car le Superman d’un jour ne correspondait plus à celui d’un autre. Ironiquement, le costume initialement conçu pour un Superman mince devenait désormais trop étroit pour son nouveau physique.

Un héritage durable

Finalement, le physique de Reeve devenait emblématique, établissant un standard pour les super-héros d’aujourd’hui. Son évolution d’un acteur mince à un véritable icône musculée faisait partie intégrante de l’histoire de Superman avant même sa première projection. Ce qu’il apportait était plus qu’une performance ; c’était une incarnation crédible d’un héros à la fois puissant et humain.

Image | Warner



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