La décision de la Audiencia Provincial de Madrid sur la nationalité espagnole
La Audiencia Provincial de Madrid a confirmé le refus de la nationalité espagnole accordé à une citoyenne colombienne, qui avait fait sa demande en vertu de la loi 12/2015, destinée aux descendants de sefardíes expulsés d’Espagne. Cette décision soulève des questions importantes concernant les critères d’admission et l’interprétation des documents fournis.
Contexte de la demande de nationalité
Le cœur du litige reposait sur le refus de la Direction Générale de Sécurité Juridique et de Foi Publique (DGSJFP) d’accepter les documents fournis par la requérante comme preuve suffisante de ses origines sefardíes et de son lien particulier avec l’Espagne. Malgré avoir argumenté qu’elle remplissait tous les critères légaux, la citoyenne colombienne n’a pas réussi à inverser la décision en première ni en seconde instance.
Documents et preuves présentés
La requérante, résidente à Bogotá, avait soutenu sa demande avec plusieurs documents cruciaux :
- Un certificat rabbinique de la Fédération Juive du Nouveau-Mexique (États-Unis)
- Un certificat de la communauté Shomer Yisrael de Colombie
- Un rapport du Centre Moïse de Léon sur l’utilisation de son nom de famille dans la communauté sefardíe
Elle avait également inclus des preuves de collaborations et de dons à des organismes juifs, ainsi qu’un diplôme d’un cours sur l’histoire sefardíe.
Analyse des documents par la DGSJFP
Après examen des documents, la DGSJFP a déterminé que ni le certificat du Nouveau-Mexique, ni celui de la communauté colombienne ne répondaient aux exigences légales. Concernant le premier, l’absence de lien territorial entre la fédération américaine et le pays de résidence a été soulignée. Le deuxième document a été jugé insuffisant, car il manquait de preuves solides.
Critères de l’origine sefardí
Le rapport sur les noms de famille a indiqué que le nom de famille en question est largement répandu en Espagne, ce qui n’a pas suffi à prouver un lien commun : « 280.656 personnes portent ce nom comme premier prénom, 280.077 comme second, et 8.947 comme deux dans les deux catégories ». Ces chiffres démontrent qu’un nom se trouvant chez tant d’individus ne peut pas garantir une ascendance sefardíe vérifiable.
Réponse du tribunal et prochaine étape
La juge de première instance a corroboré la position de l’État, soulignant que les documents fournis ne démontraient pas de lien effectif avec l’Espagne. Les éléments tels que des certificats de dons à des ONG ou un cours bref sur l’histoire sefardíe n’étaient pas des preuves valides selon la législation espagnole.
Appel de la décision
Malgré la décision défavorable, la citoyenne a fait appel. Cependant, tant l’État que le Ministère Public ont maintenu leurs arguments. Ils ont noté que les conclusions d’un notaire, bien qu’importantes, n’étaient pas contraignantes et que des preuves concrètes de linage sefardí et de lien culturel ou social avec l’Espagne étaient nécessaires.
Conclusion et implications
La chambre d’appel a validé la décision initiale, affirmant que la loi exigeait de prouver deux conditions fondamentales : l’origine sefardíe et la connexion objective avec l’Espagne. Le non-respect de l’exigence d’accepter un test CCSE a été suffisant pour décliner la demande de nationalité, ce qui en fait une affaire qui souligne les défis rencontrés par ceux qui tentent d’établir leur droit à la nationalité par ascendance.

