Le registre national des lignes téléphoniques au Mexique : Une épreuve décisive
Le padrón national de téléphonie mobile vient de démarrer au Mexique et fait déjà face à sa première grande épreuve. Quelques jours après l’entrée en vigueur du registre obligatoire des lignes, les principaux opérateurs du pays ont rencontré la Commission Régulatrice des Télécommunications (CRT) pour demander un délai supplémentaire. Les échéances fixées semblent impossibles à respecter pour les opérateurs, et de plus, les systèmes techniques ont montré des défaillances dès le premier jour.
Des défis chiffrés
Le Mexique compte plus de 158 millions de lignes téléphoniques actives qui doivent être enregistrées avant le 30 juin 2026. Cela signifie que des opérateurs tels que Telcel, AT&T, Telefónica et les opérateurs mobiles virtuels (OMV) doivent enregistrer ensemble 923 977 lignes chaque jour pendant 172 jours pour respecter la date butoir. Un objectif très difficile à atteindre.
Une réunion décisive
Le média Expansión a rapporté que des représentants de Telefónica, des OMV, de Televisa et de la Canieti (qui regroupe des entreprises comme AT&T) ont participé à une réunion avec la CRT afin de demander un report. L’un des principaux arguments avancés est que l’industrie n’a disposé que de 30 jours pour développer, tester et mettre en œuvre des plateformes adaptées à un processus d’une telle ampleur.
Problèmes techniques persistants
Telcel a déjà signalé des interférences sur ses plateformes en raison d’une forte demande de la part des utilisateurs souhaitant compléter l’enregistrement simultanément. Des dénonciations ont également indiqué une potentielle vulnérabilité de sécurité, exposant les données personnelles de clients, bien que la compagnie ait affirmé avoir rapidement corrigé le problème. La CRT a reconnu des “intermittences dans diverses plateformes” sans fournir de détails supplémentaires.
Une charge financière conséquente
Au-delà des défis techniques, le padrón représente un fardeau économique significatif. Un entrepreneur d’un OMV a indiqué que chaque enregistrement coûte 3,45 pesos (environ 17 centimes d’euro), un montant ne tenant compte que de la vérification des données sans les taxes. Ce coût est aggravé par le fait que l’enregistrement ne se complète pas toujours du premier coup, nécessitant parfois trois à cinq tentatives pour chaque ligne. Les estimations de la CRT prévoient une dépense totale dépassant 4,053 millions de pesos (environ 194,5 millions d’euros).
Des préoccupations croissantes
L’Association Mexicaine des Opérateurs Mobiles Virtuels (AMOMVAC) s’est également jointe à la demande de délai. Bien qu’elle reconnaisse l’objectif sécurisé du registre visant à lutter contre l’extorsion téléphonique (qui a fait 6 880 victimes entre janvier et juillet selon le Secrétariat Exécutif), elle souligne les risques opérationnels, économiques et sociaux. La principale inquiétude concerne les communautés rurales et celles avec une faible alphabétisation numérique, où la téléphonie mobile est cruciale. Le risque est que des milliers de lignes soient suspendues si leurs titulaires ne parviennent pas à compléter l’enregistrement.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Pour l’instant, la CRT n’a pas répondu officiellement aux demandes de prorogation, et le calendrier demeure inchangé : la date limite est fixée au 30 juin 2026. À partir du 1er juillet, les lignes non enregistrées, qu’elles soient prépayées ou postpayées, seront suspendues.
En conclusion, la mise en œuvre du padrón national au Mexique soulève d’importantes questions pour tous les acteurs concernés. Les défis techniques, économiques et sociaux sont à prendre en compte pour garantir un enregistrement efficace et sécurisé des lignes téléphoniques.

