Présentation du nouveau modèle de financement par María Jesús Montero
La ministre de l’Économie, María Jesús Montero, présidera ce mercredi le Conseil de Politique Fiscale et Financière (CPFF). Ce conseil sera l’occasion de présenter aux communautés autonomes un nouveau modèle de financement qui suscite déjà des controverses, notamment en raison d’accords préalables avec le parti ERC (Esquerra Republicana de Catalunya). Ce modèle est rejeté tant par les régions dirigées par le Parti Populaire (PP) que par certaines figures du Parti Socialiste (PSOE).
Les points clés du nouveau modèle
Le nouveau modèle de financement propose plusieurs changements majeurs. Premièrement, il augmentera le pourcentage de cession du revenu personnel (IRPF) aux communautés autonomes de 50 % à 55 %, ainsi que l’augmentation de l’impôt sur la valeur ajoutée (IVA) de 50 % à 56,5 %. Cela devrait générer environ 16 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2027.
D’autre part, le gouvernement a révisé les critères qui déterminent ce qu’on appelle la « population ajustée », prenant en compte divers aspects qui influencent le coût des services et les besoins de financement des régions. Ce modèle intégrera également de nouveaux impôts, tels que l’impôt sur le patrimoine et l’impôt sur les dépôts bancaires.
Réactions des communautés autonomes
Depuis l’annonce de ce nouveau modèle, les réactions des communautés n’ont pas tardé. Les gouvernements du PP ont vivement critiqué ce modèle, l’estimant insuffisant et affirmant qu’il est un « patch » qui ne respecte pas l’équité entre les différentes régions. En effet, certaines régions comme la Catalogne bénéficieront davantage des réformes que d’autres, ce qui a conduit plusieurs exécutifs autonomes à envisager des recours juridiques.
En réponse, ces communautés du PP prépareront leur propre proposition de financement, conformément aux accords signés par leur président, Alberto Núñez Feijóo, en septembre dernier. Cette proposition ne spécifie cependant pas les critères de répartition des ressources, se limitant à des suggestions d’approche multilatérale.
Nuances au sein du PSOE
Le PSOE n’est pas unanime non plus sur ce modèle de financement. Des dirigeants comme Emiliano García-Page se sont opposés en appelant à des élections anticipées, affirmant que les décisions ne devraient pas être influencées par des partis indépendantistes. D’autres régions, comme le Principauté des Asturies, souhaitent cependant aborder ce sujet plus prudemment, attendant des précisions lors de la réunion du CPFF.
Le chemin à suivre
Le nouveau modèle de financement sera officiellement discuté ce mercredi lors du CPFF. Le gouvernement disposant de 50 % des voix, il est probable qu’il obtienne l’approbation, notamment grâce au soutien de la Catalogne. Après cette première étape, des réunions techniques seront menées avec chaque communauté autonome pour déterminer les détails de mise en œuvre.
Finalement, le projet de loi organe sera soumis à l’audience publique, et sera ensuite renvoyé au Congrès des députés après son approbation par le Conseil des ministres. Selon le ministère des Finances, la rédaction de cette loi pourrait être finalisée dans environ deux mois.
Cependant, certains groupes parlementaires soutenant le gouvernement ont exprimé leur désaccord concernant les propositions de Montero, ouvrant la voie à un débat intense dans le paysage politique espagnol à venir.

