La révolution de l’eau : la technologie ASEC à Séville
Une innovation prometteuse
Imaginez que les déchets d’une mine puissent être transformés en eau pour l’irrigation. C’est le rêve d’un groupe d’ingénieurs, dirigé par Sebastián Vera, qui, il y a dix ans, a élaboré une technologie révolutionnaire : le système ASEC. Avec ce système, ils visent à réduire la consommation d’eau tout en purifiant divers fluides contaminés.
Qu’est-ce que le système ASEC ?
Le système ASEC se décompose en quatre éléments clés :
- A pour adiabatique (processus se déroulant dans un environnement fermé),
- S pour sonique (rapide),
- E pour évaporation,
- C pour cristallisation des résidus.
Ce traitement thermique, qui fonctionne à 75 degrés Celsius pendant une heure, peut être appliqué à tous les fluides contaminés. En d’autres termes, c’est une sorte de pierre philosophale moderne, offrant des applications diverses et variées.
Un modèle d’économie circulaire
La philosophie derrière ASEC est claire : transformer des fluides contaminés en eau purifiée et en résidus solides réutilisables, le tout sans produits chimiques ni contaminants, et avec un faible consommation d’énergie. Selon Susana García, CEO de Water Challenge, l’entreprise à l’origine de cette innovation, cette technologie est l’expression même de l’économie circulaire.
Des applications variées
L’utilisation des résidus pour des projets spécifiques, comme le traitement de l’alpechín (un sous-produit de l’huile d’olive), est une des nombreuses applications possibles. ASEC pourrait également améliorer l’efficacité des usines de dessalement, permettant ainsi de multiplier l’eau potable disponible pour les populations qui en manquent.
Une réponse à la sécheresse
Dans des régions touchées par la sécheresse comme la Péninsule Ibérique, ASEC pourrait bien être la solution tant attendue. En doublant la production d’eau potable à partir d’eau salée, cette technologie apporterait une réponse concrète à des problèmes de rareté de l’eau.
Expansion et défis futurs
Bien qu’une première phase du projet ait été couronnée de succès, Water Challenge se prépare à de plus grands défis, notamment un projet majeur dans une usine de biogaz. Leur système modulaire, qui se transporte facilement en conteneur, permet d’adapter la capacité de purification selon les besoins.
Une ambition internationale
Avec des brevets déjà déposés dans plus de 30 pays, Water Challenge vise à s’étendre à 80 pays d’ici peu. Actuellement, 80% de leur activité se concentre en Espagne, mais des clients potentiels se trouvent dans des secteurs variés à travers le monde, notamment le fracking.
Prévisions économiques
Water Challenge prévoit de générer 4 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2025, avec des projections de 10 millions pour 2026. En cinq ans, ils espèrent atteindre des ventes de 100 à 150 millions d’euros. Pour réaliser ces ambitions, l’entreprise cherche à lever 10 millions d’euros pour augmenter sa capacité de production et développer davantage son offre.
Conclusions
La technologie ASEC, en transformant l’eau contaminée en ressource précieuse, représente une avancée significative dans la gestion des ressources hydriques. Avec une approche innovante, Water Challenge se positionne comme un acteur clé dans la lutte contre la crise de l’eau, tout en s’inscrivant dans un modèle d’économie circulaire durable. L’avenir s’annonce prometteur pour cette « pierre philosophale » moderne.

