Une situation surréaliste à la Generalitat Valenciana

La dernière auditorie des dépenses de personnel réalisée par la Sindicatura de Comptes a mis en lumière une situation étonnante et préoccupante pour près de 6.800 fonctionnaires à Valence. Ces derniers dépendent de deux systèmes informatiques qui, étonnamment, ne sont pas capables d’échanger des données entre eux.

Les systèmes SIGNO et GESPERJU2

Le système SIGNO (Système Intégré de Gestion des Salaires et Autres) est utilisé pour gérer le calcul et le paiement des salaires des fonctionnaires et employés de l’administration valencienne, y compris ceux de l’éducation et de la santé. Il permet également des processus tels que la gestion des domiciliations bancaires et les changements de statut des employés.

D’autre part, GESPERJU2 est destiné à la gestion des dossiers du personnel de la justice. C’est un outil crucial pour le traitement des salaires, des permissions et d’autres aspects opérationnels pour les magistrats et fonctionnaires du secteur judiciaire.

Une dépendance alarmante

Malheureusement, ces deux systèmes ne fonctionnent pas en synergie. La seule manière de relier ces plateformes désynchronisées est une application créée à l’aide de Microsoft Access, développée par une seule personne, qui demeure la seule à pouvoir l’entretenir. Cette situation a conduit à une « dépendance absolue » vis-à-vis de cette personne, comme l’a souligné le rapport d’audit.

Il est effrayant d’imaginer les conséquences si cette personne, actuellement le fonctionnaire le mieux protégé de l’administration valencienne, venait à quitter son poste. Cette unicité et cette vulnérabilité informatique posent un risque majeur pour la continuité des opérations salariales.

Le processus manuel obsolète

Les limites de l’application Access impliquent que certaines corrections de paie doivent être effectuées manuellement par des fonctionnaires. Cela accroît le risque d’erreurs dans un processus déjà complexe. Paradoxalement, cela signifie que des cas d’erreurs salariales sont non seulement possibles, mais probables.

Le rapport souligne également que le manque de communication entre systèmes pourrait aboutir à une situation où un même individu puisse percevoir des salaires simultanément pour deux postes différents, une faille alarmante dans la gestion administrative.

TALIA : la promesse d’un nouvel avenir

Pour remédier à cette situation, la nouvelle application de gestion des ressources humaines, appelée TALIA, est en cours de développement. Elle devrait remplacer les systèmes actuels et permettre une intégration fluide des données de personnel et des salaires, éliminant les silos d’information existants.

Cependant, la mise en œuvre de TALIA prévoit une période de déploiement prolongée, avec des antécédents de retards et de coûts excessifs, tels que ceux observés lors de l’introduction du programme NEFIS. Ainsi, l’administration valencienne devra continuer à s’assurer que des solutions temporaires fonctionnent sans accrocs en attendant une transition vers TALIA.

Les enseignements à tirer

Cette situation met en exergue les défis persistants de la digitalisation des administrations publiques. La nécessité d’un changement radical dans la gestion des données publiques est évidente. Une meilleure intégration et des systèmes informatiques modernisés sont indispensables pour assurer une administration efficace et fiable pour tous les citoyens de Valence.



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