La nouvelle réglementation de l’UE : un adieu au véhicule à combustion bon marché ?
La Commission européenne a récemment présenté une proposition visant à assouplir les obligations des fabricants concernant les émissions de CO2 d’ici 2035. Cela confirme que l’Allemagne, qui a exercé des pressions indépendantes sur l’Union européenne, a réussi à influer sur cette direction. Avec ces changements, la réalité de l’industrie automobile européenne se transforme.
Historique des réglementations
En 2022, le Parlement européen avait approuvé l’interdiction de la vente de voitures émettant du CO2 d’ici 2035, visant une réduction de 100 % des émissions par rapport à 2021. Cela signifiait que l’Europe devait passer au véhicule électrique, sans alternative.
Avec la pression d’Allemagne et d’Italie, les fabricants ont été autorisés à vendre des voitures à moteurs à combustion fonctionnant avec des e-fuels, des combustibles synthétiques censés être neutres en carbone. Cependant, leur viabilité environnementale reste à démontrer.
Modifications clés de la réglementation
La nouvelle proposition comporte plusieurs points significatifs :
- Objets d’émissions de CO2 réduits de 100 % à 90 % par rapport à 2021.
- Création d’une catégorie eCar, incluant des voitures électriques de petite taille, considérées comme moins polluantes.
- Les objectifs de réduction des émissions de 55 % en 2030 sont reportés à 2032.
Conséquences sur le marché automobile
Si cette nouvelle législation est adoptée, la moyenne d’émissions de CO2 par flotte ne pourra dépasser 11,6 g/km. Cela impliquerait des véhicules consommant moins de 0,5 l/100 km, une tâche presque impossible avec les technologies actuelles. Les hybrides rechargeables, par exemple, affichent encore des émissions bien supérieures.
La seule option pour les fabricants sera d’augmenter la capacité des batteries. À l’horizon 2035, les hybrides rechargeables devront afficher une grande autonomie électrique pour rester compétitifs.
Des voitures de sport à combustion : un luxe de niche
La réalité économique impose que les moteurs à combustion soient réservés aux véhicules haut de gamme. Cette situation profite aux marques allemandes, comme BMW et Audi, qui hésitaient à passer complètement à l’électrique. La clientèle aisée, rebutée par des coches tout électriques, pourrait se tourner vers un moteur à combustion amélioré.
Les marques de luxe comme Ferrari et Lamborghini bénéficieront d’une marge de manœuvre. Elles pourront proposer des moteurs à combustion pur, augmentant leur attrait par la rareté et le statut qu’ils représentent.
Conclusion : vers une élitisation des véhicules à combustion
Le moteur à combustion pourrait devenir un symbole de statut, plus cher et moins accessible, tandis que les véhicules électriques, même si “abordables”, auront bien d’autres exigences. Ainsi, si la question est de savoir si un véhicule à combustion bon marché pourra être acheté en 2035, la réponse semble être claire : non, ce marché se réduira aux segments les plus élevés.
Une transition s’amorce, où le moteur à combustion sera de plus en plus coûteux, marquant une nouvelle ère pour l’industrie automobile européenne.

