Le Sénat brésilien approuve une nouvelle loi contre le crime organisé

Vista general del Senado Federal de Brasil durante una sesión en Brasilia (REUTERS/Adriano Machado)

Le Sénat brésilien a récemment donné son accord à une législation visant à renforcer la lutte contre le crime organisé, suite à un méga-opératif contre le Comando Vermelho (CV) tenu à Rio de Janeiro. Cette initiative, d’abord proposée par le président Luiz Inácio Lula da Silva, a été modifiée par le Congrès pour devenir plus sévère, recevant même le soutien de l’opposition.

Contexte de la législation

Cette loi a été adoptée à l’unanimité au Sénat, après avoir été discutée et validée par la Chambre des députés. Elle doit maintenant retourner à cette dernière pour une approbation finale avant d’être soumise à la sanction présidentielle.

Parmi les nouveautés, la loi introduit le délit spécifique de “faction criminelle”, qui vise les groupes contrôlant des territoires ou menant des opérations violentes à l’échelle nationale. Les peines encourues vont de 15 à 30 ans d’emprisonnement, pouvant atteindre 60 ans pour les leaders, en cas d’aggravation des circonstances.

Les principales organisations criminelles

Le CV et le Primeiro Comando da Capital (PCC) sont les deux organisations criminelles prédominantes au Brésil, régissant des activités illégales et influençant la vie quotidienne, notamment dans les favelas, englobant le transport et le commerce.

El CV y el Primeiro
El CV y el Primeiro Comando da Capital (PCC) son las dos bandas criminales más influyentes en Brasil (REUTERS)

Réactions à la nouvelle législation

Alors que la nouvelle législation est saluée par des secteurs conservateurs de la politique, elle suscite l’opposition d’ONG de défense des droits humains, ainsi que de certains alliés de Lula. Ce dernier a, par ailleurs, qualifié les opérations répressives de “matanza”, critiquant la brutalité de certains dispositifs.

Le projet de loi vise également à répondre aux critiques concernant une politique de sécurité jugée insuffisante, en particulier sur l’influence des organisations criminelles. Des discussions intenses ont eu lieu au Congrès, marquées par une pression sociale croissante.

Coopération internationale et implications sociales

Dans un contexte où le Brésil cherche à renforcer sa coopération internationale contre le narcotrafic, des pourparlers récents entre Lula et Donald Trump ont été annoncés pour optimiser la collaboration bilatérale face au crime organisé.

En parallèle, le Sénat a également adopté une amendement limitant les droits des peuples indigènes à revendiquer des terres ancestrales, une mesure controversée qui aura des répercussions sur la reconnaissance des terres indigènes, en ne tenant compte que de celles occupées en octobre 1988.

La Cámara Alta de Brasil
La Cámara Alta de Brasil (EFE/Joédson Alves)

En conclusion, la nouvelle législation sur le crime organisé marque un tournant important dans la lutte contre les gangs au Brésil tout en présentant des implications sociales et politiques complexes concernant les droits des peuples indigènes et la réponse à la violence croissante.



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