La légalité de la construction : un défi pour Bob Marshall-Andrews

La question de l’habitat reste un enjeu crucial, exacerbée par la flambée des prix et la réglementation stricte en matière de construction. C’est dans ce contexte que Bob Marshall-Andrews, un député britannique, se heurta à un dilemme en fin des années 90. Son désir de construire une maison surplombant la mer au Pays de Galles fut entravé par des lois environnementales strictes. Pour que son projet soit conforme, il devait innover : sa seule option était d’excaver la maison.

Une maison intégrée dans le paysage

Bob et son épouse Gill envisagèrent de se retirer du tumulte urbain pour savourer la tranquillité des vagues à St. Bride, sur les falaises de Pembrokeshire. Ils avaient passé de nombreuses vacances dans un ancien barracón militaire, devenu trop vétuste. Avec la nécessité de construire une nouvelle maison, ils se trouvèrent face à un constat difficile : obtenir des autorisations de construction dans un parc national protégé est un défi monumental.

Les exigences réglementaires rigoureuses

Le couple se retrouva dans une zone où la réglementation était draconienne, rendant presque impossible toute demande de permis, même pour des extensions mineures. Leur parcelle, située à 150 mètres de la mer, était entourée de paysages d’une beauté naturelle inégalée, mais cela compliquait davantage leurs projets.

Excaver pour mieux s’intégrer

Pour respecter la loi et rester dans cet environnement, la décision fut prise : intégrer la maison dans la colline en l’excavant. Le concept, proposé par leur fils Tom, consista à créer une structure semi-enterrée, presque invisible de loin. Cela donna naissance à Malator, une des constructions d’architecture intégrée les plus remarquables de la côte galloise.

Une approche architecturale novatrice

Confié aux architectes Jan Kaplicky et Amanda Levete, le projet se concentrait sur l’obtention d’une maison légale sans créer de tensions avec l’environnement local. La maison a été conçue pour être enfouie sous une couche de terre, se fondant parfaitement dans le paysage. Cette méthode rappelle les techniques de construction anciennes d’Europe du Nord, utilisant la terre et la végétation pour garantir une efficacité thermique et un camouflage visuel.

Un design qui attire l’attention

La façade de Malator, orientée vers la mer, présente de grandes baies vitrées et des lucarnes, tandis que ses côtés et son toit sont recouverts de végétation, créant l’illusion d’un simple monticule herbeux depuis le sentier du parc. Cette intégration a été primordiale pour que les autorités locales acceptent le projet, soulignant l’absence d’une élévation conventionnelle.

Intérieur fluide et respect de l’environnement

À l’intérieur, l’agencement circulaire s’articule autour d’une cheminée centrale, s’inspirant des grands salons médiévaux. Les murs ne touchent pas le plafond, renforçant ainsi la sensation d’espace. Même pendant la construction, un soin particulier a été apporté au respect de l’environnement, avec des matériaux transportés en petites sections pour minimiser le trafic lourd sur des routes étroites.

Une popularité inattendue

Malator a rapidement gagné en popularité parmi les habitants, qui l’ont humoristiquement surnommée “la maison des Teletubbies” en raison de son aspect semi-enterré, générant un lien affectif avec son environnement. Ce projet est un exemple frappant de la façon dont l’innovation architectural peut s’harmoniser avec la réglementation environnementale tout en restant fonctionnelle et esthétiquement plaisante.



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