La préoccupation croissante de l’astronomie

Depuis quelques années, la communauté astronomique observe le ciel avec une inquiétude croissante. Le nombre de satellites en orbite autour de la Terre a connu une explosion, notamment avec des initiatives telles que Starlink, visant à fournir Internet à travers le monde. Ce développement technologique entraîne cependant une pollution visuelle qui complique sérieusement l’observation des étoiles.

Atrapés dans une jaula

Les télescopes spatiaux en orbite basse (LEO) se trouvent maintenant dans une véritable “jaula”. Selon les recherches menées par Alejandro S. Borlaff, ces instruments, conçus pour explorer l’univers, sont de plus en plus limités dans leur visibilité. Traditionnellement, on croyait que les traces des satellites ne perturbaient que les observatoires terrestres, mais à une altitude d’environ 540 km, les grands télescopes comme le Hubble se heurtent également à ce phénomène.

Problèmes de géométrie orbitale

La situation est aggravée par la présence de mégaconstellations de satellites qui orbitent à des altitudes similaires, rendant la visibilité encore plus problématique. Alors que plus de 15 000 satellites sont actuellement en orbite, les projections indiquent qu’il pourrait y en avoir jusqu’à 500 000 d’ici la fin des années 2030.

Un défi inattendu pour les astronomes

Malgré le fait que les satellites n’émettent pas de lumière visible, ils reflètent celle du soleil. Cette réflexion crée des problèmes d’observation. Lorsque les télescopes sont pointés vers le ciel pour capturer la lumière faible d’étoiles et de galaxies, un satellite en mouvement peut apparaître sous la forme d’une « cicatrice » lumineuse intrusive.

Impact sur les observations

Pour des télescopes comme le Hubble, on observe que 3 à 4 % des images sont déjà affectées par les traînées de satellites. Cette proportion pourrait exploser à près de 40 % dans les années à venir. Des missions cruciales comme ARRAKIHS ou SPHEREx, qui nécessitent des images de large champ, seront pratiquement inutilisables à cause des nombreux satellites qui traverseront leurs champs de vision.

Le cas du télescope chinois Xuntián

La situation est particulièrement alarmante pour le télescope Xuntián. En orbite basse, il risque de capturer jusqu’à une centaine de lignes brillantes sur chaque image due aux constellations de satellites comme Starlink et Kuiper. Cela représente un défi monumental pour la recherche astronomique, car ces images seront largement altérées.

Vers une solution collective

Les télescopes en orbite étaient initialement conçus pour limiter les interférences causées par la pollution lumineuse terrestre. Cependant, la situation se détériore. Les experts suggèrent la création d’orbites précises pour les télescopes afin de minimiser la collision avec les satellites. Cela nécessiterait une coordination internationale significative pour réguler le nombre de lancements et partager les données orbitales.

Ainsi, l’avenir de l’astronomie dépendra non seulement des avancées technologiques, mais aussi d’une collaboration mondiale pour préserver les cieux que nous avons tant cherché à explorer.



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