L’alerte des leaders Awajún et Wampis sur l’expansion de la mine illégale en l’Amazonie
La situation critique des communautés indigènes
Lors d’une réunion organisée par la Commission des Peuples Andins, Amazoniques et Afro-péruviens, les leaders des communautés Awajún et Wampis ont tiré la sonnette d’alarme concernant l’expansion de la minéralogie illégale dans leurs territoires. Ces communautés vivent à proximité du rivière Santiago, dans la province de Condorcanqui, région d’Amérique Amazon et près de la frontière avec l’Équateur.
Le professeur Julio Hinojosa Caballero, représentant de la nation Wampis, a ouvert la discussion en soulignant la montée des organisations criminelles qui opèrent en toute impunité. Il a exprimé sa préoccupation face à l’implication croissante des enfants des communautés dans ce phénomène destructeur.
Les conséquences de la criminalité minière
Hinojosa a déclaré : « Il n’y a pas de respect pour eux. Ils enseignent de mauvaises attitudes, du mauvais comportement aux populations indigènes (…) Ils apprennent à tuer les gens, à ne pas respecter. Ils sont les autorités. » Ces déclarations mettent en lumière la gravité de la situation à laquelle sont confrontées les communautés.
Les mafias minérales sont souvent liées à d’autres formes de violence et de criminalité, comme le trafic d’armes et la débauche de personnes. Hinojosa a souligné des incidents récents, comme l’affrontement du 28 septembre, qui a vu des membres de la Marina de Guerre et de la PNP blessés.
L’inefficacité des interventions étatiques
Bien que des opérations soient menées pour saisir les équipements utilisés par les mineurs illégaux, ces derniers recommencent rapidement leurs activités. Hinojosa a dénoncé l’impunité avec laquelle ces mafias agissent : « Ils connaissent à l’avance les interventions et cachent leur matériel, recommençant le lendemain. »
Les leaders de la communauté Awajún ont mis en place un groupe de contrôle territorial appelé Chari pour lutter contre ces
crimes. Cependant, cette initiative a entraîné des menaces contre leurs membres, rendant la situation encore plus délicate.
La réponse des autorités
Alors que les dirigeants exposent la souffrance des communautés, la Commission de l’énergie et des mines du Congrès péruvien discute d’une prolongation du Registre Intégral de Formalisation Minière (Reinfo) jusqu’en 2027. Cette extension pourrait permettre à plus de 50 000 enregistrements déjà expirés d’être réintégrés.
Les opinions sur cette question sont partagées. Plusieurs partis, comme APP et Fuerza Popular, soutiennent cette prolongation, tandis que d’autres, comme Podemos Perú, souhaitent une extension jusqu’en 2029. Jorge Montero, l’anciens ministre de l’énergie et des mines, a exprimé ses doutes, considérant que ces propositions sont motivées par des intérêts politiques en vue des prochaines élections.
Conclusion
Les communautés Awajún et Wampis se trouvent à un carrefour critique. Face à l’expansion de la mine illégale et à l’impunité des organisations criminelles, l’appel urgent à l’intervention de l’État est plus que jamais pertinent. La survie de leurs modes de vie et de leurs territoires en dépend.

