Une votation décisive sur la fermeture des centrales nucléaires
Ce qui a commencé comme un mouvement du Parti Populaire (PP) pour rouvrir le débat sur l’énergie nucléaire s’est transformé en l’une des votations les plus serrées de la législature. L’amendement visant à supprimer les dates de fermeture des centrales d’Almaraz, d’Ascó et de Cofrentes a échoué par un seul vote, grâce à l’abstention surprise de Junts.
Un résultat serré mais significatif
Le décompte final a révélé un résultat étonnant : 171 voix pour, 171 contre et sept abstentions de Junts. Le Gouvernement a respiré, mais le débat sur l’énergie nucléaire en pleine hausse de la demande électrique demeure plus ouvert que jamais.
Le rejet de l’amendement sur l’énergie nucléaire
L’amendement introduit par le PP dans la loi sur la mobilité durable visait à supprimer les dates de cessation définitive d’exploitation des centrales. Les Républicains espéraient ainsi ouvrir la voie à des prorogations, notamment à un moment où Almaraz avait déjà demandé une extension de sa durée de vie jusqu’en 2030.
Une abstention qui change la donne
Selon El País, Junts a maintenu le suspense jusqu’à la dernière minute, laissant en question son soutien au PP et à Vox ou à l’opposition au Gouvernement. Cette abstention a été d’autant plus surprenante compte tenu du contexte politique tendu de la veille.
Impact du rejet de l’amendement
Que signifie vraiment ce rejet ? Bien que le rejet ait eu un impact politique majeur, la situation technique ne change guère. L’amendement n’aurait pas prolongé la vie des centrales automatiquement mais aurait modifié des ordres ministériels, sans nécessiter l’avis du Conseil de Sécurité Nucléaire (CSN).
Le calendrier de fermeture reste intact
Avec le rejet de l’amendement, le calendrier de fermeture convenu en 2019 demeure. Voici les échéances :
- Almaraz I : fermeture en 2027
- Almaraz II : 2028
- Cofrentes : 2030
- Ascó I et II : entre 2030 et 2032
- Vandellós II et Trillo : jusqu’en 2035
Le véritable défi : des troubles techniques et bureaucratiques
Le véritable problème réside dans les difficultés techniques et administratives. Le CSN peut prendre jusqu’à un an pour émettre son rapport, tandis que la réglementation exige que la centrale demande sa fermeture en mars 2026, si le calendrier n’est pas révisé.
Les enjeux économiques derrière le débat nucléaire
La question fondamentale n’est pas seulement politique mais technique. L’Espagne aspire à un système 100% renouvelable, mais il reste à prouver que la grille électrique peut fonctionner sans la stabilité apportée par l’énergie nucléaire.
Conclusion : Un avenir incertain pour les centrales nucléaires
Le Congrès a fermé la porte à la voie rapide proposée par le PP, mais le débat nucléaire reste ouvert. Ainsi, bien que le calendrier de fermeture soit théoriquement en vigueur, la transition énergétique fait face à des tensions techniques et à des intérêts industriels en jeu.
La question n’est plus de savoir si la vie des centrales peut être prolongée, mais si prolonger ce problème fondamental des déchets, des coûts croissants et d’une grille encore à préparer constitue vraiment une solution durable. L’avenir du nucléaire en Espagne reste en suspens, dépendant des décisions futures sur l’ingénierie, l’économie et la planification.

