Amende de 2 000 euros pour les parents d’un mineur : un précédent en matière de protection des données en Espagne

La Agencia Española de Protección de Datos (AEPD) a récemment infligé une amende de 2 000 euros, réduction faite, à 1 200 euros pour paiement anticipé, aux parents d’un mineur. Il s’agit d’une décision marquante pour la protection des données des jeunes en Europe.

Un cas troublant de deepfake

Le cas a débuté quand un adolescent a profité de l’application intitulée ClothOff pour créer une image truquée de l’une de ses camarades de classe, la représentant nue. Cette technologie d’IA superpose le visage de la victime sur un corps dénudé, en tenant compte des caractéristiques physiques telles que la teint et la morphologie. L’image a ensuite circulé sur les réseaux sociaux et au sein de groupes de messagerie.

Origine de l’affaire

Ce cas spécifique s’est produit à Almendralejo, Badajoz, en septembre 2023. Bien que les noms des personnes impliquées n’aient pas été révélés, l’AEPD a confirmé qu’au moins 20 mineurs avaient subi des montages similaires. Certaines de ces images ont même été retrouvées sur des sites comme OnlyFans et d’autres portails pornographiques.

Importance de cette décision

C’est la première fois qu’une autorité de protection des données dans l’Union Européenne applique une sanction pour la diffusion d’un deepfake. L’AEPD a ouvert une enquête le 20 septembre 2023, seulement deux jours après que l’affaire ait été médiatisée. Grâce à une collaboration avec le Parquet, l’identité des responsables a pu être établie, soulignant que les images de mineurs bénéficient d’une protection particulière.

Débat autour de la sanction

Le montant de l’amende a suscité des discussions. Según Jorge García Herrero, avocat et délégué à la protection des données, cette situation “provoque une grande alarme sociale” et il déclare que la pénalité pourrait sembler peu exemplaire. À l’inverse, Borja Adsuara, juriste, souligne que ce délit relève de la voie pénale et s’interroge sur l’utilité d’une sanction administrative dans un cas déjà jugé.

Procédure judiciaire parallèle

La procédure de l’AEPD est indépendante d’un procès pénal déjà entamé contre les responsables, qui étaient âgés de 12 à 14 ans au moment des faits. En vertu de cette décision judiciaire, 15 mineurs ont reçu un an de liberté surveillée pour leur manipulation d’images. Selon Miriam Al Adib, mère d’une victime, “la sentence était exemplaire”, imposant des sanctions éducatives.

Vers l’avenir

On s’attend à ce que l’AEPD publie d’autres amendes similaires concernant cette affaire, vu qu’il y a eu plusieurs victimes. Il est à noter que les concepteurs de l’application ClothOff, maintenant fermée, échappent à cette responsabilité. Ils font face à des actions judiciaires aux États-Unis pour avoir créé cet outil de manipulation d’images. Al Adib met en garde contre le fait que ce type de cas représente “une pandémie de violence” nécessitant des politiques et des protocoles de protection efficaces.

Pour une société plus juste, il est impératif d’agir rapidement et de mettre en place des mesures de protection solide pour les mineurs.



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