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Le procès du femicide de Cecilia Strzyzowski : une affaire qui secoue l’Argentine
Resistencia, Chaco (Enviée spéciale). Un vaste déploiement policier est en cours au centre de Resistencia. Après trois jours de sélection intense des 12 jurés populaires (et les 8 suppléants), ce vendredi a débuté le procès pour le femicide de Cecilia Strzyzowski.
Début du procès et ambiance tendue
La première audience du débat oral a commencé peu après 10 heures au Centre d’études judiciaires (Juan B. Justo 42), où toutes les sessions seront tenues. Cette première audience était initialement prévue pour 8 heures. La raison du retard ? Selon Infobae, il a été nécessaire d’aménager une salle adjacente pour loger les inculpés, car trois témoins convoqués pour la journée ont demandé à témoigner sans leur présence.
Avant le début des débats, comme c’est l’accoutumée, la presse a pu entrer brièvement dans la nouvelle salle pour capturer des images de l’endroit et des accusés. Le silence était absolu : seul le clic des flashes retentissait.
Les accusations et la défense
Les accusés étaient assis, entourés par des agents de sécurité et leurs avocats. Emerenciano Sena a de nouveau attiré l’attention : il s’est couvert le visage avec un dossier.
Le procès a commencé avec les mots de la juge technique, Dolly Fernández, qui a d’abord s’adressé aux accusés pour leur rappeler leurs droits et ensuite au jury populaire, leur expliquant la dynamique des audiences et les détails concernant leur rôle.
Ensuite, le procureur Martín Bogado a pris la parole. « Cecilia a été tuée, brûlée et ils ont cru que leur pouvoir les rendrait impunis », a-t-il déclaré. Il a ajouté que cette tragédie découle d’un environnement violent où des personnes ont cherché à contrôler Cecilia, et quand elles ont réalisé qu’elle n’était pas comme elles, elles ont pris la décision de l’éliminer.
Le déroulement des audiences
Au total, 15 audiences sont programmées, se poursuivant les 3, 4, 5, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 17, 18, 19 et 20, de 8h à 17h.

Le témoignage de plusieurs personnes clés est prévu. Ils incluent Gloria Romero, la mère de la victime, ainsi que sa grand-mère, Mercedes Valois Flores, qui souhaitent témoigner sans la présence du clan Sena. « Je ne suis pas nerveuse », a déclaré Gloria à Infobae, ajoutant qu’elle craint pour sa santé mentale si elle doit croiser le regard des accusés.
Les éléments de preuve cruciaux
Le débat est déjà centré sur les preuves techniques. Il s’agit d’un femicide sans corps , ce qui signifie que la plupart de l’accusation reposera sur les expertises de téléphones, les caméras de sécurité et les traces d’ADN. Les enquêtes téléphoniques seront essentielles, notamment parce que César et Marcela Acuña ont acheté de nouveaux téléphones peu après le crime.
Pour constituer le jury, trois audiences consécutives ont été nécessaires, où chaque candidat a été interrogé. La défense et la partie civile ont eu des désaccords majeurs pendant cette période. La plupart des personnes interrogées ont déclaré connaître l’affaire, ce qui a soulevé des préoccupations concernant l’impartialité du jury.
Chaque juré sera rémunéré $40,000 par jour d’audience et ne pourra pas faire de recherches personnelles sur l’affaire. Une attention particulière a été portée pour déceler les préjugés concernant les mouvements sociaux, compte tenu de l’implication des accusés.
La suite du procès
Les audiences se dérouleront au Centre d’études judiciaires de Resistencia , en raison de la limitation de l’espace. Les médias devront suivre le procès d’une salle située à plus de six blocs de l’audience, ce qui a suscité le mécontentement des journalistes locaux.
Le tribunal populaire devra déterminer la responsabilité pénale de César Sena pour homicide aggravé par le lien et par la violence de genre, ainsi que celle de ses parents, Emerenciano Sena et Marcela Acuña concurrentes. Les autres accusés, Fabiana González, Gustavo Obregón, Gustavo Melgarejo et Griselda Reinoso, sont quant à eux accusés de couverture aggravée. Il est important de rappeler qu’une unanimité est requise pour une condamnation .
Le procès de Cecilia Strzyzowski est un véritable choc social en Argentine, interrogeant les mentalités sur la violence de genre et le traitement des victimes dans le système judiciaire. Les événements qui s’y déroulent des semaines durant permettent d’espérer une justice réparatrice tant pour la victime que pour sa famille.

