La génération Z face à un marché du travail incertain
La génération Z , définie comme les personnes nées entre 1997 et 2012, vit un moment charnière dans sa transition vers le marché du travail . Après une période de formation marquée par le confinement lié à la pandémie de COVID-19, ces jeunes adultes se retrouvent confrontés à un tout nouveau défi : l’ adoption massive de l’intelligence artificielle (IA) . Alors qu’ils espéraient enfin entrer dans le monde de l’emploi, ils doivent maintenant naviguer dans un paysage professionnel plus complexe et concurrentiel.
Une époque de croissance sans emploi
Un rapport récent de Goldman Sachs , relayé par le magazine Fortune, souligne que la génération Z est dans une situation paradoxale où les entreprises connaissent une prospérité financière, alors que les opportunités d’emploi pour les jeunes stagnent. Les analystes décrivent cette réalité comme un “croissance sans emploi” , une tendance qui devrait se maintenir dans les prochaines années.
Les États-Unis, en tant que pionniers de l’intégration de l’IA dans divers secteurs, servent d’exemple inquiétant. En effet, le pays est le premier au monde en termes d’ entreprises intégrant l’IA , avec plus de 1,2 million d’entre elles déjà engagées dans ce processus. Les conséquences pour les jeunes cherchant à intégrer le marché du travail américain pourraient donner un aperçu de ce qui attend le reste du monde.
Des défis à surmonter
Les travaux de recherche menés par la Stanford University révèlent que l’accès à certains postes devient de plus en plus difficile pour la génération Z, cette difficulté atteignant jusqu’à 13% en comparaison avec les générations précédentes. Malgré une hausse du Produit Intérieur Brut (PIB) et des bénéfices pour les entreprises, la réalité du marché du travail est tout autre : la plupart des jeunes diplômés se retrouvent à lutter pour décrocher leur premier emploi.
Les économistes de Goldman Sachs, David Mericle et Pierfrancesco Mei, mettent en lumière un fait alarmant : le effet positif du PIB sur l’emploi est illusoire . Les jeunes, qui pourraient acquérir des compétences précieuses dans leurs premiers emplois, voient des tâches essentielles disparaître au profit de l’automatisation et de l’IA. En d’autres termes, les entreprises réalisent des profits accrus tout en réduisant leur effectif, ce qui freine l’entrée sur le marché des jeunes travailleurs.
Une génération mal préparée
Le rapport intitulé ‘2025-2026 Hiring Benchmark Report’ révèle des chiffres inquiétants : près de 92% des responsables des ressources humaines estiment que la génération Z arrive sur le marché du travail mal préparée pour relever les défis contemporains. Bien que ces jeunes soient technophiles et à l’aise avec les outils numériques, les employeurs recherchent des candidats expérimentés, ce qui les pénalise directement.
La masse de l’automatisation et le recours à la technologie entraînent une dynamique où le modeste et faible taux de création d’emplois pourrait ne pas se redresser dans un avenir proche. Les nouvelles positions ouvertes sont souvent réservées aux profils hautement technologiques, réduisant les possibilités d’emplois pour les jeunes sans expérience.
Un marché du travail stagnant
Les résultats des recherches par Goldman Sachs indiquent que l’ essor productif du PIB des États-Unis repose principalement sur ce que l’IA peut offrir. Cependant, les chiffres liés à la création de nouveaux emplois évoluent dans un sens opposé. Dans presque tous les secteurs, à part celui de la santé, la croissance de l’emploi est stagnante, voire négative, alors que les entreprises continuent d’ automatiser des tâches pour diminuer leurs coûts.
les analystes de Goldman Sachs avertissent que les conséquences potentielles de l’IA sur le marché de l’emploi pourraient ne pas se faire sentir avant qu’une récession n’émerge. Dans ce contexte, la génération Z serait particulièrement vulnérable à tout bouleversement économique.
La situation actuelle de la génération Z
Le marché du travail est actuellement dans une phase de stagnation , et les chiffres du chômage parmi les jeunes sont alarmants, en particulier dans le secteur technologique. Des analystes notent que plus de 3% des jeunes entre 20 et 30 ans ont déjà perdu leur emploi dans ce domaine depuis le début de l’année, en raison de licenciements massifs dans des entreprises comme Microsoft et Google.
Cette situation met en lumière les difficultés d’une génération qui, bien que prometteuse, est confrontée à des défis inédits et à un marché du travail en pleine mutation. Les effets de l’IA continuent d’influencer les perspectives d’emploi pour les jeunes adultes, avec des implications non seulement pour leur avenir, mais aussi pour l’ensemble de l’économie mondiale.

