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Les luttes des communautés autochtones pour la protection de leurs droits et de l’environnement au Pérou
La situation au Pérou, particulièrement dans la région de Loreto, devient chaque jour plus préoccupante pour les communautés autochtones. L’Association Indigène de Développement et de Conservation Samiria (AIDECOS) a récemment annoncé un paro indefinido à partir du 20 octobre 2025, ainsi que la mise en œuvre de mesures de contrôle territorial dans les rivières Marañón et Samiria. Cette décision, fruit d’un long processus de frustration et de négligence, marque un tournant dans la lutte pour la défense de leurs droits et de leur environnement.
Contexte historique et revendications des communautés
Dans un communiqué adressé à la fois à l’opinion publique nationale et internationale, les leaders d’AIDECOS ont mis en lumière la contamination environnementale et la vulnérabilité des droits collectifs des populations ayant subi les impacts des activités pétrolières sur plus d’une cinquantaine d’années. Le Lote 8, qui se trouve sur leur territoire ancestral, est le symbole des injustices vécues par ces communautés.
Les membres d’AIDECOS affirment avoir épuisé toutes les voies formelles de dialogue sans succès. Dans leur prononcé, ils exigent non seulement une remédiation environnementale intégrale, mais aussi leur inclusion dans la Junta de Administración du Fondo de Contingencia comme stipulé par la Loi N.º 30321. Ils dénoncent le fait que les décisions continuent d’être prises sans leur participation, exacerbant les tensions déjà existantes.

Les implications sociales et environnementales de l’inaction étatique
Les revendications d’AIDECOS ne se limitent pas à une simple remédiation environnementale. Ils demandent également le reconnaissance du district de Parinari comme producteur de pétrole, ce qui permettrait une répartition équitable des richesses générées par cette ressource. Cet aspect est particulièrement sensible, car l’exclusion de Parinari renforce les inégalités d’accès à des services fondamentaux tels que l’éducation et la santé.
Depuis novembre 2024, des groupes de la communauté du Lote 8 ainsi que du Lote 192 ont intensifié leurs protestations à travers des occupations de camps pétroliers, un acte désespéré face à la pollution constante et à l’absence de mesures de remédiation de l’État. Malgré un engagement du gouvernement en décembre d’ouvrir des discussions techniques, peu de progrès tangible a été réalisé, poussant les communautés à alerter sur plus de 320 jours de dialogue stérile.

Les conséquences de l’inaction étatique se traduisent par des tragédies humaines. Gilberto Maravita, président de la Federación FEIURCHA, a déclaré que 37 personnes sont déjà mortes de causes liées à la pollution. L’absence d’infrastructures sanitaires et de spécialistes rend l’identification des maladies particulièrement difficile pour ces communautés.
Les demandes des communautés et appel à l’action
AIDECOS a également formulé une série de revendications qui incluent la création d’un projet de loi pour le développement durable de l’industrie pétrolière dans la région de Loreto. Un appel a été lancé pour une amnistie générale pour les leaders autochtones actuellement criminalisés pour avoir exercé leur droit à la protestation, ainsi que la suppression de la Loi N.º 1559, qui pénalise les mobilisations sociales.

La Organisation Régionale des Peuples Indigènes de l’Orient (Orpio) a exprimé son soutien à la mesure adoptée par AIDECOS, tout en dénonçant la gestion désastreuse des autorités étatiques face à la situation. Dans ses déclarations, il est clairement indiqué que les pouples du Marañón subissent seuls les impacts liés aux activités du Lote 8 depuis trop longtemps.
Cette crise met en exergue la nécessité d’un engagement sincère de l’État péruvien à répondre aux besoins et aux droits des communautés autochtones. Un dialogue constructif et inclusif est primordial pour garantir un avenir durable et équitable pour toutes les parties prenantes. Les voix des communautés doivent être entendues, et leurs droits doivent être indéniablement respectés.

