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La Loterie de Noël : Un Modèle à Rethinker

Alors que les  Espagnols  se préparent à tenter leur chance avec la  Loterie de Noël , le secteur commence déjà à planifier pour l’année prochaine. Il a été proposé que 2026 soit une année différente. En effet, les  prix  des différents tirages sont restés les mêmes depuis  2002 . Jon Urkiola, le président de l’ Association pour la Défense Digitale des Administrations de Loterie (Dedit) , souligne que “quel type d’entreprise maintient les mêmes prix pendant plus de 20 ans ?”.

Une Proposition d’Augmentation des Prix

Pour cette raison, l’association Dedit, aux côtés de l’ Agrupación Nacional de Asociaciones Provinciales de Administradores de Lotería (Anapal)  et de l’ Asociación de Lotería en Lucha (Lell) , qui représente ensemble plus de  60%  du secteur, propose d’augmenter les prix. Le coût du  décimo  pour le tirage du jeudi passerait de  3 à 5 euros , celui du samedi de  6 à 10 euros , et les tirages extraordinaires (comme ceux de Noël et du  Jour de l’Enfant ) de  20 à 25 euros . Les loteries souhaiteraient, en revanche, maintenir le prix de  15 euros  uniquement pour des tirages spéciaux, comme celui de  Saint-Valentin .

Impact de l’Inflation sur le Secteur

Des sources du secteur rappellent que, durant cette période de stagnation des prix, l’ inflation  cumulée a atteint  64% . Cette  absence d’augmentation  a conduit à une perte significative de rentabilité et a mis de nombreuses administrations dans une  situation critique . Anapal note que “cette gel des prix n’avait pas eu lieu depuis plus de 75 ans”. Par le passé, les tarifs augmentaient régulièrement de  500 pesetas  (soit environ 3 euros) tous les dix ans.

En suivant cette logique, le prix du  décimo  aurait donc dû être ajusté, atteignant  30 euros  aujourd’hui, soit  10 euros de plus  que son prix actuel. Anapal souligne que “cela fait plus de 20 ans qu’aucune modification n’a été effectuée”, malgré l’explosion des coûts de vie et d’exploitation des administrations.

Augmentation des Commissions Demandées

Dans le même ton, les trois associations réclament une augmentation des  commissions  perçues par les administrations de loteries pendant la période de Noël, passant de  4,5% à 6% , à l’instar des autres tirages tout au long de l’année. Selon Anapal, “les commissions de ce tirage n’ont pratiquement pas été mises à jour, tout en maintenant une discrimination par rapport aux autres jeux”.

La  Société d’État des Loteries et des Paris de l’État (Selae)  est responsable de la proposition de ces changements, mais ceux-ci doivent être approuvés officiellement à travers une  ordonnance ministérielle . Les normes de régulation du jeu stipulent que le  prix , les  séries  ou le montant des  récompenses  ne peuvent être modifiés qu’avec l’aval du Gouvernement, garantissant ainsi que tout ajustement dans le tirage le plus emblématique du pays soit sous contrôle public et transparent.

La Digitalisation, Un Enjeu Crucial

Urkiola a également mentionné que la rentabilité ne repose pas uniquement sur les prix et les commissions. La  digitalisation  dans le secteur et la vente en  ligne , qui représentent plus de  30%  du chiffre d’affaires de nombreuses administrations, jouent un rôle clé. La situation devient encore plus problématique, car Selae semble vouloir centraliser la vente à travers sa plateforme officielle, avec une  commission  de seulement  4% , mettant ainsi en péril les petites administrations, surtout celles situées dans des zones  rurales .

Un Conflit Grandissant

Les réponses brevées de Selae sur les préoccupations en matière de rentabilité ont été inexistantes, ce qui a poussé Dedit et Lell à fonder une  Mesa pour la Rentabilité et Digitalisation de la Loterie Online . Leur objectif est de revendiquer des “conditions économiques dignes pour les administrations”, avec l’espoir de voir leurs résultats présentés au  Congrès . Cette initiative a reçu le soutien du  Parti Populaire  au Congrès.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Selae a enregistré un  bénéfice net  de  2,437 milliards d’euros  l’année passée, marquant une augmentation de  11,3%  par rapport à l’année précédente, et une  facturation  allant jusqu’à  10,396 milliards d’euros . En dépit de cette tendance à la hausse, qui se maintient depuis  2021 , les administrations continuent de crier à l’injustice.

En conclusion, la situation actuelle du secteur de la loterie en Espagne appelle à une réflexion profonde et à des mesures visant à améliorer la rentabilité pour les administrations tout en garantissant des conditions de jeu équitables pour tous.



F1-ES