
Luis Martínez San Sebastián
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Alauda Ruiz de Azúa, une femme et cinéaste visionnaire, évoque une expérience cinématographique marquante avec son film Los Domingos. Née en 1978 à Baracaldo, elle revient récemment d’une soirée qui a vu son oeuvre récompensée par la Concha de Oro et le Prix Feroz de la critique . Son film, qui aborde des thèmes délicats tels que la relation entre une nièce, désireuse de devenir moniale , et sa tante athée, soulève de nombreuses questions sur la vulnérabilité humaine et la nécessité d’ empathie .
La cinéaste partage que la soirée des récompenses a été marquée par une émotion intense . « Nous étions tous réunis, espérant décrocher un prix, mais la Concha de Oro était un désir qui nous semblait loin de notre portée. La véritable surprise est venue avec le Prix du Cinéma Basque, un moment absolument inoubliable », confie-t-elle. L’accueil critique de son film ne s’est pas fait attendre ; même la presse internationale a salué sa capacité à traiter un sujet qui pourrait sembler local, mais qui résonne sur un plan universel .
Ruiz de Azúa souligne que même si des films précédents, tels que Cinco lobitos et Querer, traitaient de la maternité et des maltraitances familiales , le thème de son film, une jeune fille désirant devenir moniale, offre une perspective différente. « Ce n’est pas un sujet universellement attendu au cinéma, mais il aborde une réalité profondément humaine . La recherche d’un sentiment d’appartenance et d’amour est quelque chose dont nous avons tous besoin », explique-t-elle. À travers l’intrigue, la tension entre foi et laïcité invite à la réflexion sur nos positions personnelles face aux autres.
Un aspect fondamental de son film est la nécessité de comprendre l’autre, même si cela peut sembler difficile. « La relation entre les personnages, bien que fondée sur l’amour, est traversée par un abîme d’incompréhension », dit-elle. Cette idée de se mettre à la place de l’autre est centrale dans son œuvre. Elle interroge : « À quel point pouvons-nous nous permettre de ne pas comprendre l’autre ? » Cette réflexion a d’autant plus de résonance dans des temps où la polarisation sociale est manifeste.
Lorsque Luis Martínez lui demande si son film aborde les questions de politique et de polarisation , Alauda répond que ce n’est pas l’objectif principal. Pourtant, elle reconnaît que « nous sommes souvent poussés vers les extrêmes » par les récits contemporains. « Le dialogue avec ceux qui ont des opinions divergentes peut être non seulement possible , mais aussi enrichissant », ajoute-t-elle, soulignant l’importance de la communication et de la compréhension mutuelle.
En ce qui concerne le cinéma espagnol, Ruiz de Azúa se montre positive. Elle observe que de nouveaux talents émergent, « apportant des voix frais et innovantes ». S’interrogeant sur le cliché des générations dans le cinéma, elle conclut que, bien que beaucoup d’artistes aient débuté en même temps, le temps permettra de distinguer leur évolution respective.
Sur la question de la religion dans la société actuelle, elle admet que la coexistence d’un État laïque et de l’éducation religieuse est complexe. « La contradiction entre les familles non croyantes mais pratiquantes pose d’importantes questions. La protection de la liberté de choix des mineurs est essentielle », conclut-elle. Son film vise à alimenter ce débat crucial sur la place de la religion dans l’éducation.