Le Velatorio Policier de Santa Luzmila : Un Échec Retentissant
Le velatorio policier de Santa Luzmila, situé à Comas, a été inauguré en décembre 2023 comme un projet visant à honorer les agents de police décédés. Véritable symbole de la reconnaissance des sacrifices des forces de l’ordre, cet édifice a été financé par le Fonds de Soutien Funéraire (Fonafun) pour un montant dépassant les 7,5 millions de soles. Toutefois, moins de deux ans après son inauguration, cette infrastructure emblématique demeure fermée, sans avoir accueilli un seul service funéraire.
Un Projet Prometteur Mal Avisé
Le velatorio, qui devait bénéficier à des milliers de familles policières dans l’aire métropolitaine de Lima, a été attribué au consortium Santa Luzmila, comprenant l’entreprise Groupe Constructeur Lau S.R.L. et Fernando Paredes Caihuacas. Le contrat, signé par le colonel Rafael Sánchez Charcape, alors chef du Fonafun, s’est engagé à fournir des installations modernes et adaptées pour rendre hommage aux services rendus par la police.
Une Ouverture Festive, Mais un Abandon Rapide
Lors de l’inauguration, de nombreux hauts responsables de la PNP étaient présents, y compris le ministre de l’Intérieur, Carlos Malaver. La cérémonie a été marquée par la présence de généraux et de célébrations avec des bouteilles de champagne. Cependant, cette fête contraste fortement avec la réalité actuelle : depuis l’ouverture, les lieux sont demeurés vides. Des bancs soulevés, des planchers fissurés, et la poussière accumulée témoignent d’un abandon alarmant.
Des ingénieurs ont conclu que la structure présente des défauts majeurs depuis ses fondations, ce qui compromettrait toute possibilité de réparation. Un rapport interne du Fonafun a alerté sur le risque élevé de collapse, entraînant des recommandations pour une démolition de la construction, qualifiée de dangereuse.
Accusations de Corruption
Le scandale a pris une tournure encore plus préoccupante quand Jorge Hernández Fernández, alias “El Español”, a affirmé que certains fonds avaient été détournés pour des soubassements au profit de cadres supérieurs de la police. Selon ses dires, une partie de l’argent alloué à la construction a abouti à des sous-bribes vers des officiers de la PNP.
Ces accusations portent désormais un éclairage sur d’éventuels abus de pouvoir et soulèvent des questions cruciales sur la transparence et l’éthique dans la gestion des fonds publics. La procureure a ouvert une enquête sur l’utilisation des ressources et sur la possible implication d’anciens commandants de police.
La Réaction des Autorités Locales
Pourtant, l’alcalde de Comas, Ulises Villegas, a confirmé que le velatorio disposait d’une licence de fonctionnement émise par la municipalité. Cependant, cette information n’a pas rassuré les familles policières qui ont exprimé leur mécontentement face à une situation aussi absurde.
Les bénéficiaires potentiels du Fonafun voient d’un mauvais œil la gestion des ressources allouées, estimant que l’argent dépensé pour la construction d’un espace de recueillement pour les policiers est désormais inexploitable.
Entre temps, le consortium Santa Luzmila reste silencieux face à ces accusations, sans prendre la responsabilité pour l’inutilité de cette infrastructure censée honorer des héros.
Le velatorio policier de Santa Luzmila est donc devenu à la fois un symbole de la volonté de rendre hommage aux agents de police, mais également un exemple frappant de la mauvaise gestion et de l’opacité dans l’utilisation des fonds publics. Les familles policières restent dans l’attente d’une solution qui leur permettra d’accéder à des prestations funéraires dignes.
Au-delà de l’émoi suscité par cette situation, il est essentiel que la lumière soit faite sur ces affaires et que justice soit rendue. La confiance entre les autorités et les citoyens doit être rétablie, et chaque ombre de corruption dissipée pour redonner espoir aux familles de ceux qui ont servi avec héroïsme. L’avenir du velatorio de Santa Luzmila doit également être envisagé pour qu’il puisse remplir sa fonction initiale et honorer correctement les agents qui ont sacrifié leur vie pour la sécurité des citoyens.
