Découverte exceptionnelle d’une stèle du Décret de Canopus en Égypte

Les  égyptologues  et, plus particulièrement, les experts spécialisés dans l’étude des  hiéroglyphes  et de la  dynastie ptolémaïque  se réjouissent de l’actualité archéologique marquante. Une équipe d’archéologues a récemment mis au jour une stèle de pierre au site de  Tell El-Faran’in , situé dans la ville de  El Husseiniya  (Sharqia). Ce tesoro, bien qu’il ne soit pas remarquable par ses matériaux, se distingue par son contenu : il s’agit d’une version inédite du célèbre  Décret de Canopus . Ce document, daté du 3e siècle avant J.-C., est d’une grande importance historique pour comprendre la politique et la religion de l’Égypte ancienne.

Qu’est-ce que le Décret de Canopus ?

Le  Décret de Canopus  est un acte promulgué par le roi  Ptolémée III Evergète  vers 238 av. J.-C., durant la  dynastie ptolémaïque . Ce décret a été rédigé à la suite d’une réunion de prêtres à  Canopus , près d’Alexandrie. Son but était d’honorer le roi et sa femme,  Bérénice , mettant également en lumière la mort tragique de leur fille. Bien qu’il puisse sembler aride au premier abord, ce décret fascine les chercheurs depuis des décennies, révélant la complexité de la gouvernance et de l’administration de l’Égypte de cette époque.

Un contenu riche et varié

Le texte met en avant les contributions du roi et de la reine, exaltant leurs actes de bienfaisance et leurs campagnes militaires. Il aborde également des questions pratiques telles que la réduction d’impôts en cas de faiblesse des récoltes, la création de nouveaux rangs sacerdotaux, ainsi que la déification de leur fille décédée. En outre, il propose l’introduction d’un système d’ années bissextiles  pour mieux synchroniser le calendrier avec les rituels religieux, une initiative qui témoigne des avancées impressionnantes de l’ astronomie égyptienne  antérieures au calendrier julien adopté par Jules César.

Importance du contenu et de la forme

Ce décret est aussi précieux pour  sa forme  que pour  son contenu . Le document stipule clairement que son contenu devait être gravé sur des stèles utilisant trois systèmes d’écriture : les  hiéroglyphes , le  démotique , et le  grec koiné . Cela garantit que le message atteigne toutes les parties du royaume. En 19e siècle, la découverte par l’archéologue  Karl Richard Lepsius  d’un exemplaire du décret à  Tanis  a joué un rôle crucial pour le déchiffrement des hiéroglyphes, bien plus significatif que la  Pierre de Rosette  elle-même.

Les spécificités de la nouvelle stèle

La stèle récemment retrouvée est faite de  sable  et mesure 127,5 cm de haut sur 83 cm de large, avec un épaisseur de 48 cm. Sa partie supérieure est arrondie, ornée d’inscriptions en relief sur 30 lignes de hiéroglyphes accompagnées de décorations symboliques. On peut y voir un grand disque solaire ailé flanqué de deux cobras, représentant les couronnes blanche et rouge d’Égypte, emblème de l’unification des  Deux Terres . L’inscription centrale, “Di-Ankh”, se traduit par “celui qui donne la vie”.

Pourquoi ce découvert est-elle si significative ?

La découverte est d’une importance capitale, car les exemplaires du Décret de Canopus sont rares. Actuellement, cette nouvelle stèle complétera les six autres versions connues, déterrées à  Kom el-Hisn ,  Tanis , et  Tell Basta . Certaines de ces copies sont incomplètes, tandis que d’autres le sont entièrement. Le ministre égyptien des Antiquités a souligné qu’il s’agit de la plus significative découverte de ce type en plus de 150 ans. Cela montre l’importance continue de la recherche archéologique en Égypte.

Les différences notables d’avec les anciens exemplaires

La stèle retrouvée se distingue aussi par le fait qu’elle ne respecte pas l’instruction de Ptolémée III concernant l’utilisation des trois systèmes d’écriture. Cette version est entièrement en  hiéroglyphes , ce qui la différencie des autres copies trilingues. Cette particularité a éveillé l’intérêt des chercheurs et promet d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la langue et le fonctionnement des règlements à l’époque ptolémaïque.

Un outil d’apprentissage précieux

Au-delà de son indéniable valeur historique et archéologique, la stèle de Tell El-Faran’in a également un rôle pratique. Les autorités espèrent qu’elle enrichira les connaissances sur les documents royaux et religieux de la période ptolémaïque. Cette découverte n’est pas seulement un exploit archéologique, mais aussi une occasion de renforcer le soutien gouvernemental aux efforts de fouilles, surtout par les temps qui courent, avec des débats sur de grands projets touristiques. Les chercheurs, en examinant cette stèle unique, espèrent appréhender davantage la langue et les rituels de cette époque fascinante.



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