Le Congrès de la République et son Incursion dans le Streaming
Le Congrès de la République a décidé d’élargir sa présence digitale pour se rapprocher des citoyens, notamment par le biais de plateformes attirant l’attention des plus jeunes. Ainsi, depuis ce mercredi, le Législatif a lancé son canal sur Kick , une plateforme de streaming reconnue pour ses transmissions en direct et qui regroupe plusieurs des streamers les plus populaires au Pérou et dans le monde. Cette initiative vise à rendre les débats parlementaires plus accessibles grâce à un espace interactif et moderne.
L’annonce a été publiée sur le compte officiel du Congrès sur X , avec un message invitant les citoyens à prendre part à cette première diffusion. “*Le Congrès de la République se joint à KICK ! Joignez-vous à nous et faites partie de notre première retransmission en direct*”, disait le post, accompagné d’une caricature générée par intelligence artificielle . Dans cette image, le Congrès apparaissait comme un streamer vêtu d’un costume, écouteurs sur les oreilles, clavier lumineux devant lui et une chaise de gamer, avec un message néon : “Congrès sur Kick ! Rejoignez-nous !”.

Les internautes ont exploité la liberté du chat de Kick pour interpeller directement les congressistes , en particulier ceux impliqués dans des controverses récentes. Dans cette atmosphère plus flexible, bon nombre d’entre eux ont exprimé le souhait que le Congrès ne ferme pas le chat et laisse les critiques visibles.
Dès les premières émissions, le chat du canal a été envahi par des critiques envers le Législatif . La majorité des commentaires reflétaient un mécontentement général à l’égard des congressistes , remettant en question leur travail et leurs rémunérations. Des messages tels que “*Ladrones*”, “*Maintenant, ils veulent aussi voler sur Kick, n’est-ce pas ?*”, et “*Ils ne se contentent pas de vivre de mes impôts, maintenant ils veulent profiter de mes vues !*” étaient fréquents.
Certains internautes ont abordé la situation avec humour, en faisant des blagues sur les abonnements et les dons, pratiques habituelles sur Kick. D’autres ont utilisé la plateforme pour évoquer des sujets politiques pressants, comme le retrait de l’ AFP , et ont rappelé aux congressistes la marche prévue le 13 septembre contre la réforme du système de pensions. “*C’est terrible ce qui va se passer le 13*”, ont-ils averti.

Le chat a non seulement servi à critiquer l’initiative ; la publication sur X est devenue également un espace de protestation directe contre le Congrès. Des commentaires tels que “*Leur premier invité sera sûrement des collègues de (Tren) Aragua ou Los Pulpos ou PNP*”, “*Ah ‘Congresito’, tu te fais passer pour un streamer alors que pour le pays, tu n’as rien fait*” ou “*C’est l’heure de punir*” ont poussé à la lumière la frustration des utilisateurs. Des références à des incidents internationaux, comme les incendies au Parlement du Népal , ont été mentionnées comme exemples de mécontentement populaire.
Bien que le Congrès se soit associé à Kick pour diffuser ses activités, de nombreux utilisateurs perçoivent cette démarche comme un moyen de se rapprocher des jeunes. Actuellement, le canal du Législatif a déjà dépassé les 1 500 abonnés . “*Il faut vraiment être très naïf pour se promouvoir sur une plateforme connue pour ses dérives*”, a écrit un utilisateur, reflétant l’opinion de nombreux internautes.
Kick se distingue des autres plateformes comme Twitch par sa modération plus permissive et un contrôle réduction sur les contenus violents, sexuels ou controversés. Les cas de fuite de données personnelles, de harcèlement et de bullying dans les chats sont fréquents, et certains canaux diffusent même des activités illégales ou dangereuses, renforçant l’idée que cette plateforme n’est pas un espace sûr pour un organisme officiel.
La décision de rejoindre Kick est interprétée par de nombreux utilisateurs comme une tentative de “gagner” les jeunes, mais le scepticisme prédomine : cette plateforme, controversée et comportant des risques évidents, pourrait finir par refléter négativement le Parlement au lieu de le rapprocher de la citoyenneté.

