La crise énergétique à Cuba : un cauchemar qui perdure

La situation énergétique à Cuba devient de plus en plus alarmante, avec un nouveau blackout affectant l’ensemble du pays, le cinquième en moins de deux ans. Cette réalité a été confirmée par Iván Hernández, secrétaire général de l’Association Syndicale Indépendante de Cuba. À 9h14 du matin, un effondrement total du Système Électrique National a eu lieu, attribué à une panne imprévue à la centrale thermique Antonio Guiteras de Matanzas, la plus grande de l’île.

La centrale thermique Antonio Guiteras de Matanzas (Archive)

Les répercussions de cette panne sont énormes. Les Cubains se retrouvent sans électricité, souffrant de la chaleur intense, et doivent faire face à la détérioration des aliments périssables. Hernández souligne que cette crise aggrave l’angoisse collective : “Les familles n’ont pas de quoi manger et ne peuvent pas cuisiner, car la majorité des ménages cubains dépendent d’équipements électriques pour préparer leurs repas.”

Des pannes à répétition

Ce n’est pas un incident isolé. Au cours du week-end précédent, des coupures de courant avaient déjà touché les provinces de Las Tunas, Granma, Holguín, Santiago de Cuba et Guantánamo, en raison d’une défaillance de la ligne Nuevitas-Tunas. La situation est d’autant plus préoccupante à Las Canteras, un quartier de Matanzas, où les résidents vivent privément d’électricité depuis 23 jours, faute de matériel pour remplacer un transformateur défectueux.

Personnes dans la rue pendant un blackout
Personnes dans la rue pendant un blackout à Cuba (Europe Press/Archive)

En outre, ces interruptions de service affectent également l’approvisionnement en eau potable, car de nombreuses stations de pompage ne peuvent pas fonctionner sans électricité. Les conséquences sont donc multiples et dramatiques pour la population.

Mal-être social croissant

Les coupures de courant exacerbent un mal-être social grandissant à Cuba, provoquant des manifestations dans tout le pays. L’économie cubaine, déjà fragilisée, a connu une contraction de 1,1 % en 2024 et une baisse cumulée de 11 % au cours des cinq dernières années. L’ONU prévoit également une contraction du Produit Intérieur Brut pour l’année actuelle.

Cette crise énergétique est attribuée par des experts à une infrafinancement permanent du secteur électrique, entièrement contrôlé par l’État cubain depuis 1959. Certains estiment que pour résoudre cette crise, le régime aurait besoin de 8 000 à 10 000 millions de dollars, une somme qu’il peine à rassembler, surtout dans un contexte de dettes et d’isolement économique.

Un homme cuisine pendant un blackout
Un homme cuisine une soupe dans la rue pendant un blackout à La Havane (AP Photo/Ramón Espinosa/Archive)

Alors que de nombreuses centrales thermiques fonctionnent avec du matériel obsolète, résultat de décennies de négligence et d’une pénurie chroniques d’investissement et de maintenance, le spectre d’un avenir sombre plane sur Cuba. La nécessité d’une réforme structurelle et d’une injection de fonds étrangers se fait plus pressante que jamais, mais la route semble encore semée d’embûches pour la nation insulaire.



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