Retour sur la légendaire signal “Wow!”

Le  15 août 1977 , l’astronome américain  Jerry Ehman  a vécu un moment marquant de l’histoire de l’astronomie. En analysant les données du radiotélescope  Big Ear  de l’Ohio, il a eu la surprise de découvrir une séquence de caractères, le fameux  “6EQUJ5” . Une signal de radio de  bande étroite  qui a interpellé non seulement les chercheurs, mais aussi le grand public, devenant ainsi un candidat emblématique pour une transmission extraterrestre. C’est ainsi qu’est née la légende du signal “Wow!”. Près de  50 ans plus tard , une nouvelle étude remet en question tout ce que nous savions à son sujet.

Une redécouverte fascinante

La recherche derrière la signal “Wow!” est plus qu’une simple étude scientifique; elle s’apparente à un véritable travail  archéologique . Pendant des décennies, on a cru que les données détaillées entourant la signal s’étaient perdues, surtout après le démantèlement du Big Ear en  1998 . Cependant, grâce à un groupe de volontaires, la plupart des  enregistrements  ont été sauvés.

Un projet,  “Arecibo Wow!” , dirigé par  Abel Méndez  du Laboratoire de Habitabilité Planétaire de l’Université de Porto Rico, a permis de numériser et d’analyser plus de  75 000 pages  des impressions originales. Ce monumental effort a été réalisé grâce à des technologies avancées de  reconnaissance optique de caractères (OCR)  et à une supervision humaine, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de la signal qui a captivé l’imagination des scientifiques.

Les nouvelles révélations

Les résultats de cette  nouvelle recherche  sont frappants. La signal “Wow!” s’est révélée être  bien plus forte  que prévu. Les précédentes estimations de son intensité, situées entre  54 et 212 Janskys , ont été corrigées à un minimum de  250 Janskys , confirmant ainsi que la signal était  exceptionnelle . Il faut savoir que peu de sources de radioastrophysiques connues émettent à une telle intensité.

D’autre part, la fréquence a été mise à jour à  1,420,726 MHz , indiquant que l’objet émetteur se déplaçait vers nous à  74 km/s , une vitesse qui ne correspond pas aux mouvements habituels des objets dans notre galaxie. Ces nouvelles données ont également réduit de deux tiers la zone de recherche, ciblant spécifiquement deux nouvelles localisations différentes, ce qui pourrait expliquer l’absence de détection de la signal au cours des décennies suivantes.

Des origines humaines écartées

Cette recherche a permis de réfuter bon nombre des hypothèses qui avaient été avancées au fil des ans concernant l’origine de la signal. Les chercheurs ont presque totalement écarté l’idée d’une origine  humaine . Aucun satellite connu n’était positionné à cet endroit et la Lune se trouvait de l’autre côté de la Terre. De plus, la forme de la signal, alignée avec celle d’une source ponctuelle, contredit également toute possibilité d’interférence locale.

Un comète? Pas tout à fait

La théorie selon laquelle la signal avait été causée par le passage d’un  comète  a également perdu en crédibilité. Les nouvelles caractéristiques confirmées de la signal ne correspondent pas à ce que l’on attendrait d’une interaction avec une  nuage de gaz  ‍tel qu’un comète pourrait produire.

Alors, quelle est l’explication?

Les conclusions penchent désormais vers un phénomène astrophysique naturel, mais  extrêmement rare . Selon les chercheurs, la signal pourrait provenir d’une  nuage de hydrogène neutre , qui bien que courante, n’émet pas habituellement des signaux si intenses. La nouvelle théorie propose que la signal “Wow!” pourrait être le résultat d’un événement connu sous le nom de  flare maser  ou un  éclatement de superradiance , un phénomène comparable à un  laser de micro-ondes naturel .

Ce genre d’événement, qui est transitoire et intense, pourrait expliquer non seulement la puissance de la signal, mais aussi pourquoi elle n’a jamais été  répétée .

En somme, le signal “Wow!” demeure un des plus grands mystères de l’astronomie moderne. Les recherches continuent et ouvrent la voie à de nouvelles pistes d’investigation qui pourraient, un jour, résoudre cette énigme qui passionne tant les scientifiques et le grand public.



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