Alejandro Cantaro : le ex-fiscal au cœur d’un scandale de narcotrafic
Après plus de deux ans de procédures judiciaires, Alejandro Cantaro, l’ex-fiscal de Bahía Blanca, a été condamné à six ans de prison pour avoir couvert une bande de narcotrafiquants, dont son propre neveu était membre. Cette décision a été rendue par le Tribunal Oral en lo Criminal Federal, qui a reconnu Cantaro comme un partenaire principal de l’organisation criminelle, surnommée les “Narcochetos 2”, active entre 2017 et 2018.
Les faits reprochés :
Le tribunal a établi que Cantaro a protégé et favorisé les activités de cette bande criminelle. En fournissant des informations clés, il a permis à ses membres d’échapper aux investigations judiciaires et de se coordonner efficacement pour se soustraire à l’action de la justice. « La contribution de Cantaro a été essentielle pour leur permettre d’opérer sans être découverts », a précisé le jugement.
Entre le 22 mars 2017 et le 14 avril 2018, ses actions ont facilité la communication discrète entre les membres de la bande, allant jusqu’à permettre à son neveu, Sebastián Gauna San Millán, de fuir vers la province de Córdoba pour éviter d’être arrêté.
Une trahison institutionnelle :
Les juges, Ernesto Sebastián, Alejandro Silva et Simón Bracco, ont également déclaré Cantaro coupable de trafic de stupéfiants aggravé, en raison de son statut de fonctionnaire public chargé de prévenir ces crimes. En plus de la peine de prison, il a été condamné à une amende financière et à une inhabilitation absolue et spéciale pour exercer des fonctions publiques pendant dix ans.
Les magistrats ont décrit son comportement comme une « trahison » et une « dés loyauté institutionnelle », soulignant que ses actions avaient compromis la crédibilité du système judiciaire et perverti les objectifs pour lesquels il avait été investi d’une telle responsabilité. « Cette trahison au mandat constitutionnel est d’une gravité extrême », ont-ils ajouté.
Un processus judiciaire complexe :
Cette condamnation a été le résultat d’une longue procédure, marquée par des révisions à des niveaux supérieurs du système judiciaire. En décembre 2024, la Chambre fédérale de cassation pénale avait annulé son acquittement précédent, rendant nécessaire un nouveau jugement par le tribunal de Bahía Blanca. La défense a tenté d’appeler cette décision, mais sa requête a été déclarée inacceptable par la chambre, qui a ensuite été confirmée par la Cour suprême le 19 juin.
Les preuves accumulées :
Au cours de l’enquête, des écoutes téléphoniques ont révélé des échanges entre Cantaro et au moins deux personnes, dont son neveu. Plus de cent doses de cocaïne, 1500 graines et cinq plants de marijuana ont été saisies, ainsi que divers autres objets pertinents pour l’affaire.
C’est dans ce contexte qu’ont été condamnés plusieurs individus, dont Facundo Texido, un des “protégés” de Cantaro, ainsi que Maximiliano Ezequiel Borja, Emiliano Gastón Lucanera, et d’autres membres de l’organisation. Au total, 11 lignes téléphoniques ont été interceptées, rendant possible l’identification de Texido, qui se réunissait avec Gauna San Millán dans des lieux publics.
Lors d’une surveillance, les agents ont surpris Texido et Gauna consommant des drogues dans un véhicule immatriculé au nom de Cantaro. Cette découverte a constitué une pièce maîtresse de l’affaire, renforçant les accusations portées contre lui et révélant une stratégie orchestrée d’escroquerie et d’illégalité au sein du système judiciaire.

Dans ce contexte, la décision de condamner Cantaro marque une étape importante dans la lutte contre la corruption au sein des institutions judiciaires. La condamnation ne se limite pas seulement à un acte individuel, mais soulève également des questions plus larges sur l’intégrité du système judiciaire. La justice a donc un rôle crucial à jouer pour restaurer la confiance du public et mettre un terme aux pratiques criminelles qui érodent les fondements mêmes de la loi.
F1-ES
