Le phénomène des cafés de travail à Seoul
Entrer dans un café Starbucks à Séoul et découvrir une multitude de personnes installées devant leur ordinateur portable est devenu une réalité courante. Les raisons sont évidentes : des tables spacieuses, des prises électriques à portée de main, un climat intérieur agréable, et bien sûr, du café de qualité, font de ces lieux un refuge idéal pour les étudiants et les travailleurs à distance.
Une intervention nécessaire
En raison de l’augmentation du nombre de personnes utilisant les cafés comme des espaces de travail permanents, Starbucks a décidé d’instaurer de nouvelles règles en Corée du Sud. Selon cette nouvelle norme, il est désormais interdit d’utiliser des ordinateurs de bureau, des imprimantes, ou d’amener des accessoires encombrants qui transforment un café en bureau portable. De plus, il est interdit de monopoliser plusieurs chaises et de laisser des affaires personnelles pendant des heures pour “réserver” une table.
Le panneau informant des nouvelles règles dans un Starbucks de Corée du Sud.
Dès cette semaine, les employés ont reçu des instructions pour alerter les clients en infraction. La loi est clairement affichée dans de nombreux établissements et, bien que le message soit illustré par un ours souriant, le contexte est très sérieux.
Qu’est-ce que le “카공족”?
En Corée, le terme 카공족 désigne littéralement “la tribu étudiant dans les cafés”. Il combine les mots 카페 (café) et 공부 (étude) pour décrire ceux qui passent des heures à travailler ou à réviser dans des cafés comme Starbucks. Ce phénomène, qui a commencé comme une solution pratique, est devenu une habitude si répandue qu’il soulève maintenant des questions sur sa légitimité : s’agit-il d’une utilisation conforme de l’espace ou d’un abus de l’environnement commun ?
Une réaction de la société
Les réactions sont diverses. Certains expriment leur frustration face à cette situation. Le professeur Seo Kyung-duk, de l’Université des femmes de Sungshin, a partagé une image de personnes ayant installé un espace de travail avec un séparateur en carton : “Cela ressemble à un bureau privé”, a-t-il commenté. Un étranger qui l’accompagnait a été choqué : “Comment quelqu’un peut-il revendiquer un espace dans un endroit public comme un café ?”.

Des scènes montrant le phénomène du 카공족 dans les cafés coréens.
Un autre utilisateur a réagi en disant : “Comment peut-on prendre un café entouré de toutes ces personnes qui transforment le café en bureau ?” Beaucoup ressentent que ces clients prennent possession de l’espace et le détournent de son objectif initial.
Pourquoi Baltimore agit maintenant ?
Starbucks ne prend pas ces décisions à la légère. Selon l’entreprise, l’expérience collective des clients est en jeu. Quand une table est occupée pendant des heures par une seule personne, cela fausse l’équilibre entre les clients qui viennent, consomment, puis partent, et ceux qui en font un bureau personnel. La loi du marché est également un facteur clef. Si un client reste assis pendant quatre heures avec un seul café, c’est un impact économique non négligeable.
Une question de rentabilité
Maintenir la rotation des tables est essentiel dans le secteur de la restauration, chaque table représentant un potentiel de revenus. Par conséquent, Starbucks s’assure que ses établissements restent accueillants pour tous. Dans d’autres villes, comme Barcelone, les cafés mettent également en place des règles similaires pour prévenir l’occupation prolongée des espaces.
Dans cette dynamique, il est crucial que les entreprises adaptent leur modèle d’affaires pour répondre au besoin croissant d’espaces de travail tout en préservant l’expérience client pour tous. La mise en place de ces règles pourrait donc servir d’exemple à d’autres villes ou entreprises qui font face à des défis similaires.
L’action de Starbucks en Corée du Sud soulève un débat intéressant sur l’utilisation des espaces publics dans un monde de plus en plus tourné vers le télétravail. La tendance à faire des cafés des bureaux temporaires est-elle une évolution naturelle dans le monde moderne, ou est-ce un phénomène qui nécessite une régulation ?

