Comenzó le procès pour une organisation de narcotrafic au sein d’une prison de Salta (Ministère Public Fiscale de la province de Salta)

Une lumière sur le narcotrafic en milieu pénitentiaire à Salta

Cette semaine, le tribunal de la Sala 7 du District Centro a ouvert une audience cruciale concernant l’existence présumée d’une organisation narcocriminale au sein du Pénal de Villa Las Rosas à Salta. Vingt personnes, y compris des fonctionnaires du Service Pénitentiaire, des internes de l’Unité Carcérale 1 et des membres de la famille, sont appelées à répondre de leur implication dans cette réseau criminel. Le procès est supervisé par les juges Federico Diez, Paola Marocco et Javier Aranibar.

Un système complexe de corruption

L’enquête, dirigée par la Unité Fiscale, a mis en lumière trois aspects fondamentaux du fonctionnement de ce réseau : la distribution interne de drogues, les liens financiers externes et la complicité des agents pénitentiaires. Ce procès prévoit l’audition de plus de 180 témoins, signalant l’ampleur de l’affaire.

Le procureur général de la province, Pedro García Castiella, a qualifié cette situation de “perpétration inacceptable”, notant que des personnel de bas rang jusqu’aux hauts responsables du Service Pénitentiaire étaient impliqués. La situation s’est aggravée avec des menaces pesant sur les agents et les familles de détenus, ce qui a incité la Unité Fiscale à s’investir plus profondément dans l’enquête.

Des témoignages révélateurs

Un événement marquant a eu lieu lors de la dernière audience, où un témoignage clé a été entendu. Karina Torres, l’ancienne directrice du Service Pénitentiaire, a déclaré que le sous-secrétaire des politiques pénales lui avait demandé d’intervenir en faveur de Sergio Faustino Moya, un responsable de la sécurité externe, dans un cadre de campagne politique.

Des documents révélant les actes de corruption ont également été présentés, mettant en évidence des échanges entre des détenus, leurs familles et des représentants pénitentiaires. Des écoutes téléphoniques ont permis de déterminer le rôle de diverses personnes, allant même jusqu’à identifier un officier, José Luis Alarcón, chargé de faire entrer des éléments interdits dans le pénitencier.

Un réseau de favoritisme

Les informations fournies par le témoignage du sous-commissaire Juan Pablo Sánchez ont été révélatrices. La gestion des transferts de détenus et l’octroi de privilèges devaient suivre un système bien rodé, utilisant de fausses demandes de la part des familles pour justifier des interventions. La structure de l’organisation a révélé l’existence de transactions financières suspectes entre 17 des accusés, par le biais d’un circuit financier complexe.

Un cas emblématique est celui de Lautaro Teruel, un détenu qui a bénéficié de transferts pour des conditions de détention plus favorables contre des paiements de pots-de-vin. Les analyses bancaires ont trouvé des transactions documentées, indiquant que de l’argent avait été versé à des proches d’agents, consolidant ainsi le fonctionnement de cette organisation criminelle.

Manipulations et enjeux financiers

La conclusion de l’enquête indique que le réseau s’est solidement ancré dans le système pénitentiaire, soutenu par des paiements illégaux visant à garantir l’entrée de produits interdits comme des drogues et des téléphones portables. Des conversations entre les détenus ont révélé comment ils pouvaient manipuler le système pénitentiaire pour obtenir des avantages. Notamment, l’internalisation de la distribution des drogues dans le pénitencier a été mise en lumière par des témoignages accablants.

Parmi les accusations, de nombreux fonctionnaires prétendaient n’avoir aucun lien avec ces malversations tout en étant directement impliqués dans la gestion corrompue du système. La présentation de preuves et de documents enregistrés s’est avérée essentielle pour établir l’ampleur et la profondeur des malversations.

Tout au long de cette affaire, les révélations témoignent de l’importance d’une vigilance accrue et d’une réforme significative au sein des institutions pénitentiaires. Le procès en cours servira non seulement à juger les acteurs impliqués, mais aussi à jeter une lumière sur les pratiques corrompues qui minent non seulement le système judiciaire, mais également l’intégrité de la société dans son ensemble.



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