Les changements dans le coût de la vie en Europe

Avant la pandémie, il était possible d’entrer dans un McDonald’s à Londres, Paris, Copenhague ou Amsterdam, de commander un McMenú et de sortir avec un reste après avoir payé avec un billet de 10 euros. À l’époque, le prix moyen pour ce menu dans les plus grandes capitales européennes était d’environ 7,20 euros. Pourtant, selon un récent rapport de Deutsche Bank Research, en 2025, il faut désormais débourser en moyenne 11,8 euros pour ce même combo.

En Espagne, les prix ont également connu une augmentation marquante ces cinq dernières années. En 2020, à la fois à Madrid et à Barcelone, le McMenú coûtait environ 7,30 euros. Cinq ans plus tard, ce même menu coûte 10 euros à Madrid et jusqu’à 11,8 euros à Barcelone, représentant une augmentation de 35,6% et 61,6% respectivement. Cette dernière fait de Barcelone la huitième ville la plus chère d’Europe pour consommer un McMenú.

Implications sur le marché locatif

L’augmentation des prix de la restauration rapide fait partie d’une tendance générale à la hausse du coût de la vie, impactant particulièrement les prix des loyers. Selon le même rapport, Madrid et Barcelone figurent parmi les villes où les prix de location d’un appartement d’une chambre ont le plus augmenté depuis 2020. Précisément, Madrid a enregistré une hausse de 59% dans le coût des loyers, la plaçant au quatrième rang européen pour les plus fortes augmentations, juste derrière Istamboul, Lisbonne et Édimbourg. La Ciudad Condal ne reste pas en arrière avec une hausse de 47%, se hissant au cinquième rang.

Actuellement, le coût moyen d’une location dans ces deux villes dépasse celui d’autres grandes capitales européennes telles que Francfort, Berlín, Rome, Bruxelles, Vienne, Prague ou Moscou (si cela vaut la peine d’être considéré comme une ville européenne), atteignant 1 629 euros à Madrid et 1 547 euros à Barcelone. En se concentrant uniquement sur les villes de l’Union Européenne, Madrid devient ainsi la deuxième ville avec la plus forte hausse des loyers d’un bien d’une chambre depuis la pandémie, devancée seulement par Lisbonne; Barcelone occupe quant à elle la quatrième position.

Une hausse généralisée des prix

Cette montée des coûts s’est également observée sur d’autres produits. Par exemple, le prix d’un rafraîchissement comme un Coca-Cola ou Pepsi dans un bar à Madrid a augmenté de 45%, et à Barcelone de 33%, atteignant respectivement 3,13 euros et 2,74 euros en moyenne. Ces hausses touchent également des articles variés, des jeans aux cappuccinos, en passant par les bières et les bouteilles de vin.

Les augmentations s’alignent en partie sur l’évolution de l’IPC (Indice des Prix à la Consommation), qui affiche une inflation de 22,1% entre juin 2020 et juin 2025, selon les dernières données disponibles. Ce pic d’inflation est principalement attribué à la pandémie, à la guerre en Ukraine et aux tensions au Proche-Orient.

Baisse des prix de l’Internet

Cependant, tout n’est pas à la hausse. En contraste avec cette tendance inflationniste, le rapport met en lumière une chute significative des prix de la connexion Internet à large bande (60 Mbps ou plus) dans les principales villes espagnoles. Alors que le coût moyen en Europe a augmenté de 9,1% au cours des cinq dernières années, Madrid et Barcelone se distinguent comme les deux villes où les prix ont le plus baissé : -25,5% pour Madrid et -19,6% pour Barcelone. Ainsi, elles figurent parmi les huit villes européennes ayant enregistré une baisse depuis 2020.

Cette tendance confirme les mesures du INE, qui montrent que les services de téléphonie sont pratiquement le seul secteur déflationniste si l’on considère 2020 comme référence, année du début de la pandémie. Bien que l’utilisation ait fortement augmenté, notamment avec l’explosion de l’intelligence artificielle, la grande concurrence et le renforcement des opérateurs à bas coûts comme Digi ont conduit à une diminution continue des prix, en particulier pour les forfaits de fibre et de téléphonie mobile.

Face à ces évolutions, les citoyens de villes comme Madrid et Barcelone doivent naviguer dans un paysage économique de plus en plus complexe. Alors que le coût de la vie dans son ensemble augmente, une précieuse contrepartie se présente avec la baisse des tarifications Internet, qui reste essentielle dans un monde de plus en plus connecté. L’avenir économique de ces villes dépendra de la façon dont les autorités locales et nationales répondront à ces défis, équilibrant les besoins des résidents avec ceux du marché global.

Actualizado



F1-ES