Les défis de l’énergie solaire thermique

L’avenir de l’énergie solaire a longtemps été associé aux plantes solaires de concentration (CSP) qui utilisent des helióstats pour concentrer la lumière du soleil vers une tour centrale. Bien qu’elles aient suscité de grands espoirs, ces technologies peinent à rivaliser avec la chute des prix de l’énergie photovoltaïque. En 2023, le monde a installé un chiffre record de 345,5 gigawatts (GW) de panneaux solaires, tandis que la thermosolaire n’a ajouté qu’une maigre 0,3 GW. Située au cœur du désert de Nevada, la plus grande installation de cette technologie, qui a ouvert en 2014, est à la traîne, avec de nombreux projets annulés ou reconvertis face à une concurrence acerbe.

Une nouvelle vocation : défense planétaire

Dans ce contexte, un projet pilote aux États-Unis est apparu comme une aventure inattendue. Les helióstats, qui ne fonctionnent qu’en journée, pourraient avoir une seconde vie la nuit. John Sandusky, chercheur aux Laboratoires Sandia, explore depuis près de 20 ans l’idée d’utiliser ces installations pour détecter des objets spatiaux, comme des astéroïdes menaçants. “Les champs de helióstats sont là, inactifs la nuit”, explique-t-il. En leur donnant un “travail nocturne”, il est possible de transformer ces infrastructures coûteuses en outils de défense planétaire.

Un futur prometteur : la détection des astéroïdes

La méthode traditionnelle pour détecter les astéroïdes repose sur l’analyse d’images de longue exposition qui capturent les traînées laissées par leurs mouvements. En revanche, Sandusky propose une approche radicalement différente : l’analyse des fréquences. Au lieu de pointer un helióstat vers un point fixe, un logiciel fait osciller les miroirs pour balayer une portion du ciel, créant ainsi une signal à une fréquence prévisible. Si un astéroïde passe dans ce champ, il produit une variation de fréquence mesurable.

De la théorie à la réalité : les premières réussites

Un premier essai a démontré la viabilité de cette méthode avec un helióstat unique. Le plan est désormais de l’étendre à une grande installation solaire pour accroître la sensibilité et détecter des objets plus petits. Cette initiative pourrait même inclure le suivi de satellites et d’autres corps dans l’espace cislunaire, ouvrant ainsi la voie à une collaboration avec la Force Spatiale des États-Unis.

Un exemple de pensée innovante

L’idée de John Sandusky reflète un véritable pensée latérale. Au lieu de construire des télescopes coûteux et de dimensionner une nouvelle infrastructure, son approche réutilise des milliards d’investissements déjà réalisés. Ce concept d’innovation durable pourrait offrir une nouvelle vie aux installations de concentration solaire, tout en contribuera à la protection de notre planète contre d’éventuelles menaces.

Le contexte mondial de l’énergie solaire

Dans un monde où la transition énergétique est cruciale pour lutter contre le changement climatique, la concurrence entre les différentes méthodes de production d’énergie renouvelable est de plus en plus forte. Alors que l’énergie photovoltaïque continue de réduire ses coûts, certaines technologies, comme la thermosolaire, doivent trouver des niches spécifiques pour survivre. Des pays comme le Maroc, qui ont remplacé des projets de thermosolaire par des installations photovoltaïques, illustrent cette tendance.

Vers une réinvention de l’énergie solaire thermique

La vision de Sandusky propose une réinvention de l’énergie solaire thermique. Comme cela a déjà été démontré dans un projet pilote, le succès de cette initiative pourrait non seulement sauver des emplois dans le domaine des énergies renouvelables, mais aussi offrir un moyen innovant de repenser l’utilisation des infrastructures existantes. Cette adaptation pourrait élargir le champ des possibles pour l’énergie solaire thermique tout en fournissant une solution durable aux défis de la défense spatiale.

En résumé, les technologies solaires traditionnelles doivent faire face à des défis sans précédent dans un marché de plus en plus compétitif. Cependant, des idées novatrices comme celle de Sandusky montrent que même des technologies en difficulté peuvent trouver une nouvelle vie. L’avenir de l’énergie solaire pourrait bien dépendre de notre capacité à réinventer ce qui est déjà en place, non seulement pour l’alimentation de notre planète, mais aussi pour sa défense.



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